Fabriquer son micro contact

En arrivant à Utopie Sonore, j’avais dans mes valis­es un peu de matériel, pour impro­vis­er des ate­liers autour du fait main et de l’expérimentation. Je ne savais pas si ça allait intéress­er des gens, alors je n’avais rien annon­cé en amont de l’événement. Pen­dant la réu­nion de présen­ta­tion, j’ai tout de même évo­qué les deux idées que j’apportais : la réal­i­sa­tion de bon­nettes de micro, et l’expérimentation autour de micro con­tacts, ou dis­ques pié­zo-élec­triques.

Et bien il faut le dire, les deux ate­liers ont plutôt bien marché : j’ai écoulé tout mon stock de tis­su, et au moins 8 par­tic­i­pants sont repar­tis avec des bon­nettes.

fabrication de bonnettes
capteurpiezo

Les bon­nettes, j’en avais déjà fait, mais jouer avec un micro con­tact, c’était la pre­mière fois. Pour faire sim­ple, il s’agit d’utiliser un petit disque d’un matéri­au un peu spé­cial, qui trans­forme les vibra­tions en courant élec­trique. En col­lant la pastille sur une sur­face, on récupère donc ses vibra­tions, et on en fait du son. Un jou­et idéal pour bidouilleurs de son, d’autant que ça coûte moins d’un euro !

Et pour com­pléter cette pre­mière idée, une par­tic­i­pante d’Utopie Sonore a évo­qué dans sa présen­ta­tion l’enceinte qu’elle avait amenée : une enceinte sans mem­brane, mais qui trans­forme n’importe quel objet en un haut-par­leur.

Rock R2

Et comme j’étais avec Théo, le bidouilleur fou de Radio Cam­pus Cler­mont-Fer­rand, on s’est très vite demandés : peut-on faire un larsen avec un micro con­tact et une enceinte de son par vibra­tion ? Il ne fal­lait pas plus pour ini­ti­er un ate­lier impro­visé…

soudure

Nous avons donc démar­ré un ate­lier soudure, pour assem­bler une prise XLR, un câble blindé audio et un con­tact pié­zoélec­trique. Après quelques brico­lages, et à l’aide d’un enreg­istreur, nous avons ain­si assem­blé l’enceinte et le micro-con­tact, puis nous nous sommes pré­cip­ités sur la cuve métallique aban­don­née der­rière la mai­son de Geneviève… Et nous avons obtenu très vite la réponse : oui, on peut faire un larsen avec ce mon­tage ! Et il est beau en plus ! L’enregistreur que nous avons util­isé a quelques prob­lèmes de par­a­sites dans la prise, donc le son n’est pas pur, mais je vous laisse tout de même y jeter une oreille…

Ce qui est par­ti­c­ulière­ment amu­sant avec ce larsen, c’est que même si on approche émet­teur et récep­teur, il ne part pas dans des niveaux de vol­umes à tout cass­er : il reste sta­ble… On peut donc jouer très facile­ment avec !

On était telle­ment fiers de notre per­for­mance qu’on est allés le racon­ter au micro de Radio Fri­t­ure, une super radio itinérante qui a posé ses micros à Utopie Sonore pen­dant tout le week-end. On leur a même refait un larsen en direct en util­isant une petite boîte en métal comme caisse de réso­nance…

Radio Cousue Main

Le week-end dernier, c’était Utopie Sonore. J’arrive tout juste à m’en remet­tre en reprenant une vie nor­male.

Le pre­mier ate­lier auquel j’ai par­ticipé, c’est celui pro­posé par les gens de l’émission Radio Cousue Main. Le principe est sim­ple : un unique micro mono, et plein de gens, vous avez vingt min­utes. L’équipe qui réalise l’émission organ­ise régulière­ment des per­for­mances où ils accueil­lent des néo­phytes comme nous l’étions au début du week-end. Ils nous ont donc fait pra­ti­quer quelques tech­niques, observ­er et con­stater que l’on pou­vait jouer avec la dis­tance pour créer des plans dif­férents, tra­vailler des tex­tures sonores, utilis­er une direc­tion à la manière d’un chef d’orchestre, ou encore jouer avec le silence. Bref, tout ce qu’on fait à la radio ou avec un logi­ciel de mon­tage, mais en direct, et sans aucun appareil élec­trique (excep­té le micro).

Pen­dant deux péri­odes de deux heures, nous avons donc expéri­men­té, en séparant le groupe de trente en plusieurs petits groupes, les uns devant le micro, les autres devant l’enceinte de resti­tu­tion…

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Et puis petit à petit une propo­si­tion s’est cristallisée, et le soir de la représen­ta­tion, nous étions prêts. Un enreg­is­teur traî­nait dans un coin, l’occasion pour vous d’écouter la per­for­mance, qui com­por­tait aus­si un aspect de mise en scène, dif­fi­cile­ment per­cep­ti­ble ici.


(télécharg­er la per­for­mance)

Nor­male­ment, vous m’avez recon­nu dans le solo de la goutte d’eau, mais je ne joue pas que ça, hein !

Utopie Sonore 2016

Le week-end dernier, nous avons pris la route avec Noémie et Théo en direc­tion du Maine-et-Loire pour par­ticiper à Utopie Sonore, un rassem­ble­ment pro­posé par le col­lec­tif Bruitagène. Pen­dant ces trois jours, nous avons ren­con­tré près de cent fon­dus de créa­tion radio­phonique.

Utopie Sonore

Ces trois jours ont été absol­u­ment for­mi­da­bles. Tous les ingré­di­ents d’un événe­ment réus­si étaient réu­nis.

Tout d’abord, un lieu for­mi­da­ble, la Cour des Aulnays, où Geneviève insuf­fle une sérénité et une prox­im­ité à la nature et aux ani­maux. On aime vivre au rythme de cet anci­enne métairie, pren­dre le temps de flân­er autour du lac, aller enreg­istr­er le cri des poules et du cochon, touch­er les vieilles pier­res, marcher pied nu sur les sols bat­tus, pren­dre son temps dans les anci­ennes éta­bles, au frais…

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Il y a eu bien sûr une équipe organ­isatrice au top, qui mal­gré l’afflux de par­tic­i­pants (90 per­son­nes au lieu des 50 prévues ini­tiale­ment) a su organ­is­er les choses et inviter les par­tic­i­pants à met­tre la main à l’ouvrage : toi­lettes sèch­es, douch­es à l’eau du puits avec une superbe logis­tique d’alimentation, des repas végé­tariens pour respecter l’influence anti­spé­ciste du lieu, des instal­la­tions de dif­fu­sion de son, et logis­tique pour assur­er tout ça…

Au delà d’un lieu de vie col­lec­tive, les trois jours ont été l’occasion d’échanger autour de nos pra­tiques de créa­tion sonore. Les par­tic­i­pants avaient tous une rela­tion pro­pre à la ques­tion, et toutes les dis­cus­sions ont été pas­sion­nantes : ques­tion­nements tech­niques, approches de la réal­i­sa­tion, échanges autour des fes­ti­vals et lieux de dif­fu­sion, des écoutes de l’année, ébauch­es d’outils et échanges d’idées pour amélior­er la dif­fu­sion de ces œuvres… Tout cela s’est passé pen­dant les moments prévus au pro­gramme, mais aus­si pen­dant des dis­cus­sions informelles, ou pen­dant des ren­con­tres spon­tanées.

un repas végétarien

Un autre aspect impor­tant de ces ren­con­tres a été l’échange de savoir-faire lors d’ateliers et de dis­cus­sions annon­cées au pro­gramme. Il y en avait pour tous, et ce que j’ai énor­mé­ment appré­cié, c’est la lib­erté offerte à cha­cun et cha­cune de par­ticiper suiv­ant ses envies : aucune pres­sion, aucune con­trainte, et une masse incroy­ables de belles envies…

des micros pendant une émission de radio

une captation

Et puis une telle ren­con­tre ne serait rien sans la réal­i­sa­tion de créa­tions sonores. Plusieurs défis avaient été lancés, qui ont été tous relevés par les par­tic­i­pants. Je prendrai le temps dans quelques prochains bil­lets sur ce blog d’en dire un peu plus sur ce qu’on a pu y faire. J’ai aus­si col­lec­té quelques liens récoltés au fil des dis­cus­sions du week-end, que j’ai classé dans mon out­il de signets en ligne.

Edit : vous pou­vez déjà lire les bil­lets suiv­ants au sujet d’Utopie Sonore :

Mer­ci à Dom pour toutes les pho­tos qui ponctuent ce bil­let, et que l’on peut retrou­ver sur le site de Bruitagène, dans la par­tie resti­tu­tion d’Utopie Sonore.