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CoursHorsDesMursMars2009

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Cours hors des murs, mars 2009

À l'occasion de la mobilisation des universités en réponse aux décisions unilatérales et destructrices de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, les personnels de l'Université Blaise Pascal ont organisé des cours hors des murs.
J'ai ainsi pu suivre l'exposé-débat de Gérard Ledoigt intitulé « débat sur les moyens de communication hertziens et leurs liens avec la santé. » Voici quelques notes qui en parlent.

Étude de la dangerosité des ondes électromagnétiques

Ils ont construit un système simple pour étudier ça. La fréquence porteuse d'information des GSM est de 900MHz. En pratique, il varie suivant les informations qui transitent, mais pour cette étude, ils ont choisi un champ électromagnétique homogène pour ne pas introduire trop d'aléas dans l'étude. En pratique, un téléphone à l'oreille produit un champ de 5 volts par mètres.

Pour étudier ça, ils ont choisi des marqueurs objectifs, les marqueurs cellulaires. En effet, l'observation indique que les ondes peuvent provoquer des cancers, mais c'est dur à étudier (pas suffisamment de cas, sauf statistiquement). Ils ont donc choisi d'étudier les réactions de défense des cellules (réaction biologique).

Quand on soumet une cellule à un stress (ici électromagnétique), elle réagit en "allumant" des gênes de défense. Au bout d'un moment, ça active même des gênes "au hasard", provoquant par exemple les cancers.

L'idée est donc de regarder les réactions de défense. Ils ont choisi un modèle végétal car on ne pourra pas leur reprocher que les sujets ont fait des réactions psychologiques, qui auraient introduit un biais. En effet, avec les animaux, on observe un "bruit de fond" important. De plus, les mêmes protéines étant fabriquées par les plantes et par les animaux (gênes en commun), on peut se ramener à une étude sur les plantes.

Au lieu d'étudier les protéines produites, on va étudier l'ARN messager. En effet, les molécules présentes dans la cellule ont pu être produites il y a longtemps, alors que l'ARN est produit au moment du stress, pour construire les protéines, et immédiatement détruit ensuite. Ça permet de mesurer l'activité cellulaire à un instant précis.

On a besoin de PCR quantitative, pour déterminer la quantité d'ARN produite. Les réactions sont rapides, de l'ordre de la minute. On observe que les plantes réagissent au stress comme si elles étaient blessées. Ils utilisent un témoin dans une chambre blindée pour vérifier la justesse de ce qu'ils mesurent, en faisant sortir une feuille de la chambre pour étudier la propagation à l'intérieur des cellules de la plante.

Les plantes reconnaissent donc les ondes comme un stress (ici ce sont des champs homogènes, correspondant à ce qui est subit même quand on ne téléphone pas). La réponse des cellules entraîne une dérive cellulaire. À noter que les plantes ne réagissent pas au stress exactement comme nous, c'est donc difficile à mesurer.

Depuis, des expériences sur des cellules animales ont été effectuées, avec les mêmes protéines que celles des humains (lors de réactions cutanées).

On pourrait faire un parallèle entre les réactions aux ondes électromagnétiques et les UVs. Cependant, les UVs stressent la peau environ un mois par an (en cumulé) sur toute la peau, alors que les ondes, c'est 24h/24, depuis une dizaine d'année. On devrait donc bientôt voir apparaître des cancers liés à ça, car ça correspond à peu près à l'exposition aux UVs.

D'autres études ont été menées aussi sur d'autres fréquences. En 1995, une étude a observé la croissance de bactérie en fonction du type de fréquence (par exemple, question pour la radio, qui est utilisée depuis longtemps). Ils ont observé des variations suivant la fréquence, et une notion de seuil suivant la puissance (entre 0.5 et 5v). D'autre part, ils ont remarqué des seuils de durée en fonction d'une fréquence (moins de 2mn n'entraîne pas de réactions pour une fréquence donnée).
Or, on a remarqué pour la photosynthèse que même des flashes de lumière entraînaient une réponse directe de la cellule (ce ne sont pas les mêmes mécanismes).

Remarque : les taux ambiants d'électromagnétisme ne sont pas les mêmes à la ville et à la campagne. Ainsi le taux en ville est de l'ordre de 0.1V/m, alors qu'à la campagne, c'est plutôt de 0.4V/m.

Pour répondre aux stress, les cellules produisent d'une part des protéines globales à tous les stress, mais aussi des protéines spéciales à chaque stress. Il est nécessaire de trouver un marqueur spécifique.

En ce moment, les gens travaillent pas mal sur les rats. Cependant, il y a une grosse différence avec les plantes : c'est le tissu nerveux.
On place les animaux dans des tubes, pour les empêcher de bouger. Ils sont alors énormément stressés. Ils les habituent pendant 3 mois, mais ça provoque tout de même des bruits de fond énormes. Ils espèrent voir les anomalies par IRM.
Une autre solution consiste à utiliser des cultures de cellules nerveuses. Le problème est ici que ces cellules sont aussi naturellement stressées (implication directe de la culture). Une autre approche enfin consiste à choisir des animaux qui ont des cellules nerveuses, mais en faible nombre...

Pour conclure, le côté positif des études réalisées jusqu'à présent est l'observation d'un effet seuil. On peut espérer trouver des solutions pour continuer à utiliser ces technologies sous le seuil.

Actuellement, on étudie uniquement le signal électrique, mais il y a aussi la question sur la partie magnétique des ondes qu'il faudra explorer.

Le wifi est aussi étudié, mais puisqu'il ressemble beaucoup aux ondes thermiques, on a beaucoup étudié cette partie, mais pas les autres réactions possibles. On a juste étudié le fait qu'il fallait rester à basse puissance pour la partie thermique.

Un autre point important est que l'arrivée de la TV sur portables va encore augmenter la puissance des émetteurs, et les fréquence vont changer. Il va donc falloir continuer à étudier ça !

Autres sujets

On peut par exemple comparer les ondes à l'amiante. C'est de la cilice. À l'état inerte, a priori aucun risque. Mais la taille des éléments rend l'amiante comme des flèches pour les cellules. De temps en temps, ces flèches restent dans la cellule. Celle-ci va luter contre, et entraîner un processus cancéreux.

Il existe aussi une question sur la synergie des stresses, qui n'est pas du tout explorée (par exemple, pesticides + ondes).

Pesticides

Il travaille également depuis 2004 sur les pesticides. À l'origine, les chimistes travaillaient sur la drasine (orthographe?). C'est un pesticide qui n'est pas biodégradable, donc interdit. En explorant un peu la molécule, ils en ont trouvé une autre, qui elle était biodégradable. Elle a donc été mise sur le marché. Cependant, ces chimistes regardaient comment se comportait la nouvelle molécule avec la lumière. Ils ont observé un pic suivant l'éclairage, et ont étudié les résidus de la dégradation de la protéine. Ils ont ainsi remarqué qu'un des résidus était toxique. Ce n'est plus un herbicide, mais il est toxique, et stable.

La question était donc d'empêcher sa création, par exemple par la lumière, ou encore stopper sa dangerosité. Or, les plantes ont des molécules capables de se protéger de la lumière. Ils l'ont donc utilisée pour stopper la dégradation. Ça permet ainsi d'épandre moins de pesticides.

La question suivante est la question de la génotoxicité. Pour étudier la génotoxicité du résidu, ils ont commencé par tester le processus d'étude de génotoxicité sur la protéine complète (car le résidu est dur à produire). L'idée est de le comparer à un mutagène puissant, et à un produit neutre. Or, ils ont constaté que la protéine complète (l'herbicide) est hautement génotoxique !

Phénomènes paranormaux

Un site très intéressant sur l'étude scientifique des phénomènes paranormaux:
http://www.unice.fr/zetetique/

Difficultés à travailler

On l'empêche maintenant de continuer à explorer les conséquences des ondes des GSM sur les tomates. Pourtant il avait encore de nombreuses pistes déjà toutes prêtes. On l'empêche même de communiquer sur le sujet. Il constate qu'un grand nombre de scientifiques travaillant sur le sujet, et pourtant normalement indépendants (car universitaires) ont des liens forts avec l'industrie de la téléphonie (Orange labs), et ne sont pas objectifs malgré les résultats incontestables.

Voir aussi


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