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Atelier 62

15 août 2011

Cet été, parmi les diverses activités entreprises, j’ai enfin pris le temps de remettre les pieds à la médiathèque.

J’ai d’abord découvert avec tristesse que le réseau des médiathèques de la communauté de communes avait rompu son partenariat avec les bibliothèques universitaires : impossible maintenant de profiter d’une unique inscription. Cela peut sembler futile, mais pour qui n’était pas employé ou étudiant à l’université, cet accès commun offrait la possibilité de consulter et d’emprunter des ouvrages plus spécialisés. Je ne sais pas ce qu’il en est depuis la séparation – qui date de moins d’un an – mais de prime abord, cela semble être une mauvaise nouvelle. D’ailleurs, nous sommes revenus en arrière de plusieurs lustres, puisque dorénavant, on confie à l’abonné un imprimé rempli et tamponné pour informer l’autre structure de son inscription. Bienvenue au XXIe siècle !

En furetant dans les allées de la médiathèque de Jaude, je suis tombé sur Atelier 62, de Martine Sonnet. Ça se lit comme un roman, ou comme une enquête policière. Ça m’a en partie fait penser à l’enquête que j’avais menée sur l’histoire de mon arrière-grand-père. Mais surtout, ces tranches de vie m’ont renvoyé à la vie d’ouvrier métallurgique qu’a dû traverser son fils (mon grand-père). Et je me dis que même si j’ai visité l’usine où il a travaillé, qui appartient maintenant à Arcelor, je n’ai que peu discuter avec lui de sa vie d’alors.

Pour revenir au livre lui-même, il est poignant, on y lit la lutte des ouvriers au quotidien, dans un Paris déroutant pour les provinciaux nouvellement arrivés. On y lit en filigramme la vie politique de ces années, on y comprends la place qu’avaient ces hommes et ces familles dans la vie quotidienne. Vraiment passionnant. On y découvre aussi la vie d’une famille, les relations entre parents et enfants, et surtout l’évolution du regard de l’écrivaine sur la vie de ses parents.

Urbouge

22 juillet 2011

Dans un précédent billet, j’évoquais l’idée que l’on peut ne pas céder au « besoin de partir en vacances » que l’on nous diffuse un peu partout. J’évoquais dans ce billet le fait que l’on puisse explorer les activités de loisir proposées près de chez soi. Mais peut-être certains prétendrons qu’ils connaissent leur région comme leur poche, et que finalement, ils ont besoin d’un nouvel air.

Pour ma part, je suis loin d’avoir fait le tour de la ville que j’habite, et de sa région. Les touristes de passage arpentent les rues et les chemins en capturant mille et un clichés des monuments et sites réputés, mais quid des petites curiosités, nichées ici ou là ?

En cette période estivale, j’ai choisi de me promener avec un appareil photo, pour montrer les côtés méconnus de la ville, pour partager les curiosités architecturales, les décors de vie que j’aime bien. C’est aussi l’occasion pour les clermontois de passage ou de résidence de tester leurs connaissances : saurez-vous retrouver où ont été prises ces photos ?

Bonne visite sur mon nouveau blog-photo urbouge !


urbouge : n.m. mot-valise constitué des noms « urbain » et « bouge ».

  • urbain : adj. Qui appartient à la ville.

    • La vie urbaine dépérit et, comme la civilisation islamique médiévale était elle-même essentiellement urbaine et que la richesse matérielle dépendait du commerce, la prospérité déclina. — (P.J. Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction de Odette Guitard, 1992).
  • bouge : n.m. Logement obscur et malpropre.

    • Il ne me faut tant de cérémonies ; Je suis content de mon bouge, et les dieux Dans mon taudis m’ont fait un sort tranquille. — (Voltaire, La Bastille).

Un été à Clermont

16 juillet 2011

Peut-être êtes-vous comme ces 42 % des français qui ne partiront pas en vacances cet été. Peut-être est-ce par choix, parce que brûler du carburant pour aller constater qu’ailleurs ça n’est fondamentalement pas différent d’ici vous semble futile. Moins probablement, vous habitez à Clermont-Ferrand. Si malgré tout c’est votre cas, voici quelques idées pour s’ouvrir l’esprit sans parcourir des kilomètres.

Outre les visites à la bibliothèques, et des musées (profitez-en pour aller voir l’exposition Archeo 3D à laquelle participe Marc), on trouve dans le coin quelques activités estivales qui semblent prometteuses. Petit tour d’horizon sans ordre ni exhaustivité.

  • Tout d’abord, allez faire un tour à sable show. Si vous êtes accompagné par un ou plusieurs enfants, ils s’en régaleront. Visez par exemple le mardi, pour profiter de l’animation « histoires à dormir debout » de Morgane. La diversité des activités proposées est vraiment impressionnante.
  • Pourquoi aussi ne pas aller faire un tour à l’exposition consacrée à Jean Amblard, un peintre au regard militant sur sa région.
  • Vous pouvez aussi aller jeter un coup d’œil à l’exposition « Fadas du Viaduc », qui nous amène à découvrir un édifice historique monumental de la région.
  • Ne ratez surtout pas les contre-plongées, cette année intitulée «  une fresque animalière pour un été culturel à Clermont-Ferrand » : cinéma, théâtre, danse, etc. Profitez au hasard de ces soirées des animations organisées par la maison des jeux.

Nombre d’autres association clermontoises organisent des activités tout au long de l’été. Découvrez par exemple l’atelier jaune, rue de la treille, qui a récemment ouvert un lieu intriguant. Et n’oubliez pas que même sans voiture, on peut vite plonger dans la verture environnante !

Les jurys d’examens

6 juillet 2011

Voilà quelques mois que je n’ai rien écrit ici. Je voyais le temps filer, et impossible de m’arrêter sérieusement et suffisamment longtemps pour rédiger un billet sur ce blog. Maintenant que je commence à voir arriver les moments de répit (enfin les gens vont partir en vacances, on sera libre de travailler sur les choses intéressantes sans être constamment interrompu par des futilités chronophages), j’en profite pour prendre mon clavier.

Cette année, j’ai assisté à plusieurs jurys, que ce soit à l’IUT où j’enseigne, ou encore pour le baccalauréat. En effet, comme wikipédia le dit si bien, le baccalauréat en France est considéré comme le premier grade universitaire. C’est la raison pour laquelle l’État réquisitionne les enseignants-chercheurs de l’Université pour présider aux jurys de baccalauréat. Et comme il s’agit d’une tâche passionnante et fort intéressante, on convie généralement les recrutés de l’année à aller faire un tour dans les lycées de la région.


Source : wikipédia

Le jury est l’assemblée, regroupant généralement les enseignants ayant évalué les candidats, ainsi que quelques personnes extérieures (infirmières, personnels administratifs, président), dont la tâche consiste à attribuer (ou non) les diplômes aux vues des notes obtenues. Et puisque ce jury est le représentant de l’État, il est évident qu’il doit faire respecter le plus que faire se peut l’égalité entre candidats. On pourrait donc s’attendre à ce qu’il respecte les notes que les correcteurs ont attribués aux copies. Or, il n’en est rien, et c’est ce que j’ai découvert avec stupeur et incompréhension cette année.

J’avais bien sûr entendu parler comme tous les étudiants de ces « points de jury », qui servent à ajuster les notes. Je pensais que leur usage en était raisonné et exceptionnel. Or, de ce que j’ai pu constater, il n’en est rien. Les jurys pratiquent le sport qui consiste à trouver toutes les raisons du monde pour remonter les notes des étudiants. Ici parce que vraiment « il a fait des efforts », là parce que « quand même, il n’est pas aidé par son quotidien ». De prime abord, on pourrait penser que ces réajustements sont une bonne chose, tant pour l’étudiant que pour la société : on aide le plus de monde possible à avoir son diplôme, même ceux pour qui c’est un peu juste, même ceux qui « se planteraient au rattrapage, de toute façon ». On pourrait voir ici la main de la justice sociale, qui aide l’étudiant travaillant pour financer ses études, qui tient compte du handicap.

Mais ça serait oublier qu’il existe déjà pour ces gens des ajustements, prévus par les lois et les règlements, qui en amont permettent à ces élèves et étudiants de ne pas partir démunis face à leurs camarades à la vie plus confortable. Ça serait oublier que l’idée même d’un diplôme, c’est d’évaluer des compétences ou des connaissances. Or, si l’on commence à donner les diplômes parce que l’étudiant est bien gentil, on tend à dévaloriser le diplôme, qui n’a plus alors le sens qu’il devrait avoir : cela signifie juste que la personne a suivi la formation, et non qu’elle a les capacités que l’on évalue à la fin de l’année.

Alors bien sûr, je ne suis pas le premier à crier que la licence ne vaut plus ce qu’elle valait avant, que mon petit monsieur, le bac ne vaut rien aujourd’hui, que les programmes ne font que se réduire à peau de chagrin. Mais il est évident qu’un autre problème réside en cette pratique de complaisance des jurys : les étudiants, qui savent pertinemment que les promotions précédentes sont toujours passées à plus de 80 % ne peuvent que trouver difficilement l’énergie de se plier aux exercices de l’apprentissage, car même s’ils échouaient aux examens, le jury serait toujours là comme filet pour récupérer les étourdis… Et moins les étudiants mettent de conviction à leurs études, plus les enseignants se doivent de réduire le niveau de leur enseignement, et l’on rentre ainsi dans la course à la médiocrité, où constamment l’on supprime des notions qui étaient nécessaires aux années suivantes.

En résumé, le rôle du jury, qui est de faire appliquer les règles connues de tous et servant à l’évaluation, ce rôle est donc clairement détourné, parfois parce que les enseignants ne savent pas être justes, souvent parce que l’on demande plus de chiffre, plus de rentabilité à des organismes qui sont devenus des entreprises lucratives, et restent accessoirement des lieux de transmission de savoirs.

Et vous, ça vous plaît, l’enseignement ?

Sound of noise

9 janvier 2011

Il y a quelques jours, je suis allé voir Sound of Noise, un film franco-suédois, un petit ovni. Pas mal de références amusantes, dans un film musical assez déroutant. Le Canard Enchaîné n’en fait pas une critique très élogieuse cette semaine. Mais je crois qu’il faut accepter de se laisser porter par la poésie de l’idée initiale, et par le côté un peu décalé de pas mal de situations pour l’apprécier. Pour vous donner un petit avant-goût de ce film, n’hésitez pas à visionner Music for one apartment and six drummers, réalisé par la même équipe. Je trouve ça assez frais.

Quand j’étais arrivé à Clermont-Ferrand, j’avais regretté de ne pas trouver d’équivalent du Katorza de Nantes, ou du TNB à Rennes. Mais les Ambiances a une programmation qui remonte le niveau des cinémas clermontois, heureusement qu’il est là.

Banque équitable

7 décembre 2010

Depuis quelques semaines, j’ai envie d’écrire ici au sujet de la banque que j’ai choisi depuis mon retour en France. Mais la course quotidienne m’a toujours fait repousser l’écriture de ce billet. Ces jours derniers, avec l’appel de Cantona à « vider les banques », puis un peu plus tard l’appel du collectif « sauvons les riches », j’ai encore trouvé un peu plus de motivation pour écrire. Mais voilà, j’ai continué à remettre à plus tard cette écriture. Et puis je suis tombé sur un article passionnant qui traite de l’interprétation sociologique et psycologique de la procrastination. Alors je me suis fait piéger, car j’avais aussi envie de partager cet article. Il me fallait donc écrire ce billet.

Crédit Coopératif

Ainsi, j’ai choisi depuis mon retour en France d’utiliser les services du Crédit Coopératif, qui travaille en collaboration avec la Nef. Il s’agit d’une banque solidaire, au fonctionnement coopératif, qui travaille à soutenir les structures de l’économie sociale et solidaire. Quelques-uns de mes amis avaient déjà opté pour cette banque, et ma sœur en Angleterre aussi avait choisi un établissement du même type. C’est donc avec joie que j’ai vu arriver ma stabilisation géographique, et que j’ai opté pour leurs services. Et je dois dire que j’en suis vraiment ravi. On ne paye que les services que l’on utilise, le site internet est très complet et permet de procéder à toutes les opérations courantes, et le nombre d’agences relativement faible n’est pas une contrainte à mes yeux. Le seul point déroutant a été pour moi au début leur choix de ne pas autoriser de découvert (du moins, par défaut). Mais en y réfléchissant bien, je me suis rappelé qu’un découvert est un prêt, et que le mécanisme de prêt par les banques est l’un des problèmes principaux du modèle économique que nous vivons¹. Alors j’apprends à faire avec, je vois ça comme une rééducation, c’est plutôt positif.

Si vous trouvez comme moi que les banques classiques ne sont pas des personnes morales très fréquentables, et bien jetez un coup d’œil au fonctionnement du crédit coopératif, et franchissez le pas, vous n’en serez pas déçus.

1 : visionnez par exemple l’excellent document l’argent dette, ou encore sa suite l’argent dette 2 : promesses chimériques, qui expliquent de manière très pédagogique et ludique le mécanisme bancaire international, et comment les banques pousserons toujours les personnes morales et physiques à s’endetter encore et encore plus…

Les contes de la Compagnie du chat noir

27 novembre 2010

Durant le mois qui vient de s’écouler, j’ai eu l’occasion d’écouter deux fois Catherine Uberti de la Compagnie du chat noir. Cela faisait de nombreuses années que je passais devant le salon de thé au pied de la cathédrale. Jamais je n’avais poussé la porte pour découvrir l’univers de la compagnie. Malheureusement, ils ont été nombreux, comme moi, à passer à côté. Alors le salon de thé a fermé.

Mais heureusement, Catherine continue son activité de conteuse. Je l’ai écoutée lors de deux spectacles. Un premier à destination des enfants (« Même pas peur »), et un deuxième tout public, « Auvergn’attitude ». Les deux fois, je n’ai pas mis plus de quelques secondes pour basculer dans son univers fantastique. Et à chaque fois, ceux qui m’accompagnaient ont aussi beaucoup aimé.

Et c’est en discutant avec la conteuse que j’ai découvert la librairie sonore, qu’elle vient d’ouvrir avec son mari, à deux pas de l’ancien salon de thé. Plein de belles choses à découvrir, ça va devenir je crois un de mes repères.

frise de chats

Nouveau labo, nouveau site

22 novembre 2010

Comme je l’annonçais précédemment, j’ai été recruté comme maître de conférences à l’Université d’Auvergne. Et parmi la foultitude de tâches plus ou moins amusantes que j’ai eu à accomplir depuis mon arrivée, j’ai passé un petit morceau de temps sur la mise en place d’outils de communication pour la jeune unité de recherche que je viens de rejoindre : charte graphique, intranet, listes de diffusion, site internet, etc. Ce n’est pas fini, mais ça a bien avancé.

Et puisque le site internet est maintenant en cours de stabilisation, et officiellement existant, il me fallait l’annoncer ici. Voici donc le nouveau site de l’ISIT, qui évoluera fort probablement au fil des prochains mois, mais qui est satisfaisant, en première approche. Il est basé sur drupal, que j’ai eu l’occasion de pousser comme jamais je ne l’avais fait auparavant. Bigrement flexible, cet outil !

Actualité clermontoise

16 novembre 2010

En ces temps chaotiques, où il fait bon ne pas être Rom, ne pas être chômeur, ne pas être journaliste, ne pas être ouvrier, ne pas être élève d’une école qui se délite, ni même patient d’un système de santé toujours plus démentelé, bref, en ces temps sombres pour la Liberté, l’Égalité et la Fraternité, on n’a pas envie de rester les deux pieds dans le même sabot. Bon, chacun agit à son niveau. Pour ma part, c’est plutôt au niveau local…

Après les « mouvements sociaux » des dernières semaines, les AGs, les manifs, les réunions de mobilisation, un petit groupe de clermontois s’est retrouvé le 5 novembre pour participer à un flash-mob national. On n’était pas très nombreux, mais l’expérience a intrigué un peu de monde, et les médias étaient là.

Plus récemment, et comme toutes les deux semaines maintenant, j’ai participé à l’émission Panthère Rouge, sur Radio Campus Clermont. Que dire, sinon que l’émission a été sauvée du naufrage par Lise, qui a été à la fois chroniqueuse et ingénieur son. Pour les sujets abordés, on a parlé actualité, accaparement des terres, et femme super-héros.

Enfin, je ne manque pas de relayer ici les perturbations qui ont touché Indymedia Auvergne, le site d’information alternative en open-publishing. Pour que de tels outils ne tombent pas dans l’oubli, et qu’on ai toujours la possibilité d’ouvrir un œil sur ce qui se passe pas loin, n’oubliez pas d’y poster !

Azulejos, jazz au poco

2 novembre 2010

La semaine dernière, je suis allé voir pour la deuxième fois Azulejos au Poco Loco, une salle de jazz vraiment chouette à Clermont-Ferrand, où l’on peut suivre la programmation de Jazz au Poco.

Azulejos est un groupe de flamenco-jazz de la région, qui tourne dans des coins assez variés — comme l’amérique du sud — et qui partage la scène avec des artistes très différents. L’année dernière, c’était un guitariste flamenco assez impressionnant qui était invité avec eux. Cette année, j’ai découvert à leurs côtés Nguyên Lê. La première partie du concert ne m’a pas emballé, j’avais du mal à accrocher au mélange des styles : le son d’Azulejos est plutôt acoustique, et Nguyên Lê explore de nombreuses possibilités offertes par sa guitare électrique. Mais la deuxième partie du concert a vraiment été chouette, je suis réconcilié avec cette rencontre musicale !

La prochaine date à ne pas rater au Poco Loco est le concert en hommage à Charlie Parker.