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Archive pour la catégorie 'Végétarisme'

Faire les choses à moitié

Dimanche 29 juin 2008

Quand on milite pour une cause que l’on considère importante, il existe plusieurs manières de le faire. Depuis la position intransigeante jusqu’à un certain laxisme compatissant.

Si l’on prend l’exemple du Logiciel Libre, on trouve parmi les gens convaincus de la justesse de cette cause plusieurs attitudes : l’intransigeance des gens qui n’envisagent de promouvoir et d’aider à installer que des logiciels libres, évitant par exemple de présenter des distributions proposant des logiciels propriétaires. À l’inverse, certaines personnes pensent que l’on doit proposer ces systèmes d’exploitation parsemés de logiciel propriétaire quand « il n’y a pas d’autre solution, et puis tout le monde a besoin de flash… » et que sans cette solution, les gens fuiront le Logiciel Libre car il serait incomplet en terme de fonctionnalité.

On retrouve ce type de dilemne par exemple dans le végétarisme. Ainsi, certaines personnes militent pour l’abolition de la viande chevaline. Or, je pense que c’est une erreur. En effet, cela implique que l’on considère certains animaux comme plus mangeables que les autres. Mais pourquoi ? Le cheval, s’il est élevé pour la viande, comme la vache, pourquoi un omnivore refuserait d’arrêter d’en manger alors qu’il consomme du bœuf ? Pour aller plus loin, si cette abolition était accomplie, alors je crois que rien ne pousserais les consommateurs à arrêter de consommer de la chair d’un autre animal. Les gens qui militent pour l’abolition de la viande chevaline disent que « ça serait un bon début. » Je pense qu’au contraire, ça ne sert à rien, disperse les énergies, et rassure les omnivores qui consomment une autre chair (« je ne fais rien de mal, c’est la chair du cheval que l’on doit éviter. »).

De la même manière, on parle beaucoup en ce moment dans le milieu de la défense du droit des animaux de Brigitte Bardot (qui a quelques démèlés avec la justice). Certaines personnes disent « mais elle a fait pas mal de bonnes choses pour les animaux, on peut la critiquer pour ses prises de positions racistes, mais il faut se souvenir de ce qu’elle a fait pour les phoques par exemple. » Mais si l ‘on prête attention à ses prises de position au sujet des animaux, on remarque qu’elles sont toujours orientées vers les animaux « mignons ». Cette prise de position spéciste, si d’un premier abord semble être favorable à la condition animale, peut aussi je pense entraîner l’effet inverse, car il n’y a pas que des animaux que l’humain trouve mignons…

En conclusion, je pense donc que faire les choses à moitié est loin d’être efficace quand l’on défend une idée, et que d’une certaine manière, cela nuit à la diffusion d’idées qui auraient été mieux véhiculées par un discours clair et sans concession.

Décroissance

Dimanche 27 janvier 2008

Alors que Barbux démarre un blog sur la décroissance, « Journal d’une décroissance amorcée », je continue à m’intéresser à la question.

En effet, plusieurs de mes choix de vie et politiques concordent avec la décroissance : le végétarisme, l’écologie, le logiciel libre ou encore le refus du capitalisme et du « travailler plus pour gagner plus. »

J’ai ainsi adopté de nombreux gestes simples qui vont dans ce sens : je suis abonné au biaujardin, je ne possède pas de voiture et privilégie la marche à pied et les transports en commun les moins polluants, je profite que les logiciels libres ne nécessitent pas d’ordinateurs surpuissants (contrairement aux systèmes propriétaire modernes) pour utiliser mon ordinateur plus longtemps, j’évite d’acheter des aliments produits loin ou avec beaucoup d’emballages, etc. Bien sûr, c’est perfectible. Chaque jour, je découvre des habitudes encore améliorables, et certaines sont difficiles à perdre. Ce ne sont que des petits pas, et pas un choix de vie radicalement différent : j’habite encore en ville, fais une partie de mes courses dans une grande surface, travaille dans un bureau…

Cependant, la décroissance sans réflexion n’est probablement pas non plus le bon chemin. Ainsi, tous les bénéfices sociaux que nous avons acquis ne doivent pas être abandonnés [1]. De la même manière, des questions persistent. Par exemple il y a peu j’ai acheté une planche à découper. J’avais le choix entre une planche en bois assez classique, et une planche en bois de bambou. Il y a plus de chance que la planche en bois ai été fabriquée proche de chez moi. L’impact écologique de son transport est donc moindre. Par contre, le bambou est un matériaux très résistant (dont on annonce qu’il sera probablement le remplaçant du plastique pour de nombreux usages), mais un peu exotique. À ma place, qu’auriez-vous choisi ? La planche économe à fabriquer, ou celle qui durera le plus longtemps ?

Dans mon frigo

Dimanche 25 novembre 2007

Il y a quelques temps, Raf a posté sur son Flickr In my bag, la photo du contenu de son sac. J’ai profité d’un nettoyage de frigo pour poster ici « In my fridge » :

frigo-small.jpg

Trajet en avion

Vendredi 26 octobre 2007

J’ai longtemps hésité à partir au Brésil pour cette conférence. La première raison était l’obligation d’avoir un passeport à puce RFID. L’autre raison était l’impact écologique de déplacements en avion… Mais finalement, je n’ai pas réussi à résister à l’envie de participer à ce colloque.

Mon laboratoire a donc réservé un trajet Clermont->Paris->Rio par Air France, via Fram. J’avais naturellement précisé que j’étais végétarien (et même végétarien sans produits laitiers). À l’aller, aucun souci, on m’a servi un plateau spécial. L’avantage est qu’on est servi avant les autres, que la qualité du repas est assez bonne, j’ai l’impression légèrement supérieure à la version omnivore.

Et puis au retour, j’ignore encore pour quelle raison, ils n’avaient aucune information particulière sur mon alimentation. Il se peut que l’erreur soit venue d’Air France comme de Fram, qui aurait réservé un aller végétarien, et un retour classique. Étrange…

Toujours est-il que l’un des chefs de cabine a pris la situation en main, en me disant qu’il allait me préparer un plateau en tenant compte de mes choix alimentaires. J’ai juste attendu quelques minutes, et j’ai vu arriver un plateau rempli comme jamais, 2 fois plus garni que celui de mes voisins, avec une multitude de choses meilleures les unes que les autres. Je n’ai même pas réussi à tout finir, et ai gardé deux fruits pour le lendemain matin.

Moralité : si Air France se plante parfois, il arrive que l’on tombe sur des gens très compétents, qui ne vous regardent pas comme un extra-terrestre. Et c’est assez plaisant. Il me semble d’ailleurs avoir compris que le chef de cabine en question ne mangeait pas de viande. Peut-être ceci explique-t-il cela.

Cependant, je retiendrai une autre chose de ce trajet en avion : outre la pollution due au déplacement, j’ai été outré par le nombre d’emballages jetables, et de petits objets tout aussi jetables qu’on nous a distribués. C’est tellement ringuard, ce comportement du tout jetable, tellement peu respectueux de la planète sur laquelle nous vivons… Incroyable que ça soit encore possible.

Cet article fait partie de mon carnet de voyage au Brésil.

Cuisine végétale

Samedi 7 juillet 2007

Depuis quelques temps maintenant, j’ai chez moi une consommation végétalienne, c’est-à-dire que je ne mange plus de produits laitiers ni à base d’œufs.

C’est un choix lié à des convictions, je vous conseille d’ailleurs à ce sujet la lecture de l’excellent livre de Thierry Souccar intitulé « Lait, mensonges et propagande » qui décrit la manière dont les produits laitiers se sont fait récemment une place massive dans l’alimentation humaine. En s’appuyant sur diverses publications récentes, il met en garde contre cette consommation, notamment d’un point de vue santé. En quelques mots, voilà ce que l’on peut entre autres y lire :

  • Le lait est un aliment qui sert aux mammifères dans les premiers mois de leur vie à grandir de manière incroyable, à finir de préparer leur organisme à la vie adulte. Une fois sevrés, les mammifères ne consomment plus naturellement de lait (on en donne bien aux chats, mais qui s’est renseigné sait que ce n’est pas un aliment qui leur convient). L’homme est donc le seul animal à continuer à s’alimenter d’un aliment de croissance alors qu’il a atteint sa maturité de sevrage.
  • De plus, il consomme le lait prévu pour un autre animal, qui a une masse corporelle beaucoup plus importante que lui. Quand on voit la croissance qu’a un veau dans les premiers mois de sa vie, on imagine la puissance énergétique de cet aliment, complètement disproportionnée à nos besoins.
  • Dans ce livre, l’auteur met en avant une autre particularité de la consommation de lait de vache par l’humain : cette consommation est très récente, du moins dans ces proportions. Aussi, depuis le début du siècle, on n’a cessé d’augmenter la production de lait d’une manière fulgurante, imposant aux vaches de produire toujours plus. La seule solution pour qu’une vache produise autant est qu’elle ai régulièrement une portée. Aussi, dès qu’elle met à bas, on attend quelques mois, et on la réinsémine à nouveau. Or on sait que la production d’hormones femelles est énorme quand l’embryon se forme. Et on sait aussi que les hormones passent très facilement dans le lait. Il a été prouvé que la proportion d’hormones femelles était très nettement supérieur dans le lait d’aujourd’hui que dans le lait d’il y a 100 ans. Et ce n’est pas sans danger pour l’équilibre hormonal des humains.
  • La première raison avancée pour la consommation du lait est l’apport en calcium. D’après les discours officiels, sans ça l’ostéoporose nous guetterais au tournant. Or, les pays asiatiques, qui ne consomment presque pas de lait, sont ceux où l’on rencontre le moins d’ostéoporose. On observe d’ailleurs une corrélation très marquée entre cas d’ostéoporose et consommation de lait. L’explication avancée dans ce livre est la suivante : les os ont une capacité finie de regénération. Or, à chaque fois que l’on apporte du calcium, on force la regénération des os, diminuant d’autant cette capacité dans le futur. En ayant eu des os forts pendant toute sa jeunesse par surconsommation de calcium, il en découlerait une fin de vie plutôt poreuse…
  • Enfin, une analyse comparative de la taille moyenne des individus d’un pays en fonction de la consommation de lait est réalisée. On remarque aussi la vertigineuse croissance récente des humains, qui dépasse de loin la croissance du siècle précédent, et qui coïncide avec la consommation de lait de vache, produit ayant à l’origine rôle d’aide à la croissance…

Beaucoup de gens pensent que la cuisine végétalienne est compliquée. Comme je suis persuadé que non, et que je partage cette opinion avec quelques amis, nous venons de créer chacun un blog de cuisine végétale, et les avons fédéré dans un planet:

Ça commence tout juste, alors il n’y a pas encore énormément de contenu, mais je pense que c’est un bon début pour découvrir cette cuisine saine et simple.

Épicerie exotique à Clermont-Ferrand

Jeudi 22 février 2007

Nous cherchions cet après-midi avec une amie une épicerie asiatique, à la recherche de tofu, d’algues et autres sauce soja pour composer des plats végétaliens équilibrés, complets et gustativement intéressants. Je me rappelais être déjà rentré dans une épicerie près du marché Saint-Pierre, dans une rue qui remonte vers la cathédrale. Nous y sommes retournés, mais mon amie a été très déçue par la boutique, qui tenait plus lieu de traiteur que d’épicerie. De plus, les choix étaient vraiment ridicules. Nous commencions à remonter vers la cathédrale quand nous avons décidé d’aller poser la question à un buraliste du quartier. L’homme, très gentil, a fini par se rappeler de l’existence du Bui bui…

En suivant ses indications, nous nous y sommes rendus. Et bien le Bui bui est une excellente épicerie. Les produits sont divers, plein d’idées pour les plats végétariens, des pickle délicieux, l’ambiance très classe. Je crois que j’y retournerais souvent!

Les médecins et le végétarisme

Samedi 3 février 2007

Quand on est végétarien, et que l’on a aussi fait ce choix pour ses enfants, il arrive que l’on rencontre des médecins peu informés qui ne comprennent pas ce choix, voire qui deviennent agressifs. Il n’est alors pas toujours très facile de se faire croire, même si l’on a passé beaucoup de temps à se renseigner sur la diététique, les carences diverses, les sources de protéines, de fer ou de B12.

Le mois dernier, j’ai eu l’occasion de prendre contact avec Jérôme Bernard-Pellet, un médecin généraliste végétalien. Ce dernier m’a conseillé un document qui fait référence dans le domaine médical, une revue des publications liées à l’alimentation végétarienne, et publiée dans le journal de l’American Dietetic Association en juin 2003, « revue qui fait partie des 120 revues médicales considérées comme étant les plus pointues dans le monde ». Le document original est en anglais, mais il m’a gentillement transmis une traduction en français, qu’il conseille de transmettre à tout médecin sceptique sur les questions de végétarisme.

C’est avec son accord que je diffuse ici ce document:

Foie gras

Jeudi 21 décembre 2006

Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi de plus en plus de pays interdisaient la production et la vente de foie gras? On pourrait se dire qu’ils cherchent à boycotter des produits français, l’un des principaux pays producteurs. Mais étrangement, ils ne le font pas avec le champagne, un autre produit dit « de luxe » produit dans nos régions.

Peut-être que ces pays ont pris conscience de ça:

Ce film est récent et présente rapidement comment on élève des canards dans l’optique de produire du foie gras… Heureusement ici, il s’agit d’un foie gras « de qualité », sélectionné par une entreprise sérieuse…

Vous avez des doutes sur la validité de la précédente vidéo, vous n’êtes pas convaincus? Découvrez l’Enquête au pays du foie gras.

Il est tellement facile d’éviter la souffrance, pourquoi s’en priver? Bonnes fêtes de fin d’année!

Biaujardin

Jeudi 5 octobre 2006

Depuis quelques temps je m’intéresse aux modes de consommation. J’ai eu l’occasion d’en discuter avec de nombreuses personnes (sur vegeweb, avec des amis rennais, ou encore avec des auvergnats proches des courants décroissants). Il me semble maintenant évident que nous devons favoriser les producteurs locaux (pour entretenir un tissu varié, pour minimiser la consommation de carburants, pour pouvoir contacter simplement ces producteurs, etc). Ainsi, les supermarchés ne sont pas une solution rationnelle à la consommation raisonnée. J’ai donc cherché près de chez moi s’il n’y avait pas d’AMAP (Association pour le maintein d’une agriculture paysanne).

La structure que j’ai trouvé n’est pas une AMAP, il s’agit du Biaujardin, engagé en ce moment dans une démarche de transformation en SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif). Elle aide à la réinsertion des chômeurs en leur proposant un travail au sein d’un jardin de culture bio.

Et cet après-midi, je viens de recevoir mon premier panier, qui comporte plein de bonnes choses… Ça me simplifie la vie (pas de courses à faire pour les légumes), ça fait découvrir de nouveaux légumes, permet de consommer des produits de saison, produits biologiquement, et pour un coût vraiment très abordable.

Un vrai bonheur!