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Archive pour la catégorie 'Politique' s'abonner au flux

Hadopi : loi liberticide

Mardi 10 mars 2009

« On » vient de trouver une méthode géniale pour empêcher à jamais les comportements illégaux. Aujourd’hui vient de commencer un débat à l’Assemblée Nationale pour imposer à chaque automobiliste d’équiper son véhicule d’un GPS. Ce dernier enverra à chaque instant un identifiant unique et une trace de sa position à une entreprise mandatée par l’État. Dès lors qu’une infraction sera commise, on utilisera ces informations pour déterminer qui est le coupable. La première mesure, automatique, sera de déclencher un mécanisme d’arrêt des automobiles identifiées par ce mécanisme dans un proche voisinage.

Chouette comme idée, non ? Bon, ça fera pas mal de faux positifs, on connaît même dès à présent des moyens techniques pour ne pas envoyer les bons identifiants, faisant ainsi passer Henri, ce voisin insupportable, pour l’auteur de notre éventuel méfait. Et la liberté individuelle dans tout ça ? Ah mais vous parlez de liberté, alors qu’on va pouvoir arrêter des milliers d’horribles criminels ? Soyez modernes, que diable, c’est pour le bien de tous !

Cette histoire n’est pas vraiment de la science-fiction. J’ai juste remplacé ordinateur et connexion internet par automobile, et substitué GPS à programme mouchard. Vous l’aurez compris, pour répondre au téléchargement illégal d’œuvres par internet, la solution proposée (et en passe d’être votée) consiste à imposer sur chaque ordinateur la présence d’un mouchard. En cas de détection d’un « piratage » depuis votre connexion, on bloquera votre connexion.

HADOPI - Le Net en France : black-out

Cela pose dans la pratique de nombreux problèmes. D’une part, il n’est pas impossible de faire passer son ordinateur pour celui de quelqu’un d’autre. Plus simple, on peut pirater la connexion wifi disponible chez lui. Ainsi, celui qui sera suffisamment motivé pour contourner le fliquage fera porter à quelqu’un d’autre le chapeau. Ce dernier sera alors présumé coupable, et devra après une longue procédure judicière prouver son innocence avant de pouvoir retrouver sa connexion internet.

Belle avancée, non ! Quel beau pays que celui où nous vivons, ça fait chaud au cœur.

Pour plus d’information, je vous invite à consulter le site laquadrature.net.

Financer les destructeurs de planète

Mardi 24 février 2009

Pollution

Il semble que la nouvelle mode gouvernementale en terme de « relance économique » (comme on dit) soit à la subvention de tous les domaines qui contribuent massivement à la pollution. On savait déjà que le grenelle de l’environnement était une vaste fumisterie, on avait apprécié les subventions étatiques aux fabriquants de véhicules individuels. Pouvait-on faire difficilement plus illogique ?

Et bien oui, sans problème. La nouvelle politique agricole décidée cette semaine consiste à choisir les productions agricoles les plus coûteuses pour la planète — l’élevage — et à multiplier par deux ou trois leurs subventions, tout en réduisant celles destinées aux céréaliers par exemple. Chouette idée ! C’est vrai, les nappe phréatiques n’étaient pas assez polluées, la surconsommation d’eau n’était pas suffisante (100 000 litres d’eau pour produire un kilogramme de viande de vache), les surfaces cultivables réquisitionnées pour l’élevage et l’alimentation de ces animaux n’était pas assez importante.

Une petite pensée pour nos enfants, à qui on va laisser une chouette planète… Tiens d’ailleurs, si on relançait la politique de natalité, après tout, la croissance de la population n’est qu’exponentielle !

Actualité de l’Université

Dimanche 22 février 2009

La coordination nationale des universités s’est réunie le 20 février pour continuer à structurer et à coordonner les efforts d’information et de lutte contre un ensemble de réformes destructrices. Le sujet est complexe, et l’on est encore une fois confronté à la langue de bois et aux contre-vérités du gouvernement de la nation. Pour exemple, une petite analyse en images du discours du 22 janvier, qui a crystalisé les réactions (désolé pour le format propriétaire, je n’ai pas trouvé un lien plus accessible) :

Si vous souhaitez survoler l’actualité sur la question, je viens d’ajouter à mon wiki de travail professionnel une page regroupant les dernières publications en ligne, et s’appuyant sur les flux RSS (la mise à jour est donc automatique) : actualités universités.

Mise à mort de l’Université

Samedi 7 février 2009

Lentement, depuis plusieurs années, on rappelait aux personnels de l’Université que vraiment, ils n’étaient pas productifs, qu’une telle structure devait être gérée comme une entreprise, que la rentabilité est quelque chose d’essentiel, qu’ils ne sont qu’un gros tas de vieux dinosaures qui ne font rien que se la couler douce, que l’état de la recherche française est pathétique, etc.

Bien sûr, ce n’était pas aussi direct que ça, on faisait changer les choses à petit coups de lois et de réformes, pas à pas, doucement. À vrai dire, dans chacune de ces réformes, il y avait des choses intéressantes, qui laissaient présager que si c’était géré intelligemment, ça allait amener l’Université vers quelque chose de plus intéressant. Pour la masse des décisions insupportables et intolérables, on apprenait chaque fois à faire avec, en se disant : « on a échappé à quelque chose de terrible, contentons-nous de ça », un peu à la manière de ce texte de Martin Niemöller

La dernière loi sur le sujet a été passée en douce à l’assemblée en plein été 2007, la fameuse loi LRU sur l’indépendance des Universités. Fini l’égalitarisme sur tout le territoire, finies la justice et la logique universitaire dans les recrutements des personnels. Place au cas par cas, à la rentabilité immédiate, ouvrons grand la porte aux industriels pour qu’ils guident les orientations de la recherche. Fini le contre-pouvoir, le creuset d’idées innovantes, de recherche à long terme, de solidarité. Mais voilà, « dans le monde actuel, mon petit monsieur, il n’est pas acceptable de payer des gens à réfléchir sur des trucs inutiles dans les 5 ans », surtout qu’ils embrigadent tous nos jeunes désœuvrés, ceux qui ne sont même pas capables d’aller en prépa, et de faire une école d’ingénieur, mon petit monsieur…

On a bien essayé d’en parler à tous, mais personne n’y prêtait réellement attention, comme d’habitude, chacun à l’Université espérait qu’individuellement il s’en sortirait.

Depuis cette date, les universités, suivant leurs couleurs politiques, ont doucement commencé à choisir l’autonomie de leur gestion. On a continué à annoncer en plus haut lieu que la recherche française était peu performante (sans rappeler des choses simples comme le manque d’engagement financier de l’état comparé aux exemples de pays cités comme exemples), on a annoncé la restructuration-démentellement des laboratoires nationaux comme le CNRS.

Et soudain, la déferlante d’annonces et de projets de décrets :

L’Université va mal, les décisions récentes ont été prises unilatéralement en haut lieu. Aucune réflexion ne semble guider ça, si ce n’est la réduction des moyens financiers, et la libéralisation du fonctionnement d’un organisme qui était à la fois un service public et le garant d’un certain contre-pouvoir.

Et pour couronner le tout, le président de la République a prononcé le 22 janvier un discours adressé aux universités où il a été méprisant voire insultant envers l’ensemble des acteurs de la recherche nationale (on pourra consulter ces quelques liens qui donnent une idée du ressenti après ce discours).

Si nous ne réagissons pas, les principes même de l’Université vont disparaître dans les mois à venir, par des choix de gestion ne conservant que les pires idées des exemples anglo-saxons, et réduisant à néant l’espoir de voir en France une recherche fondamentale et indépendante, ainsi qu’un service public d’enseignement supérieur démocratique et de qualité.

De nombreuses universités sont donc en grêve illimitée depuis quelques jours, tentant d’informer à la fois la société et les étudiants sur l’avenir d’un organisme qu’on détruit. La coordination nationale des universités a donc voté le 2 février 2009 plusieurs motions, dont une manifestation nationale le 10 février 2009 pour tenter de raisonner les décisions inconscientes prises récemment.

Sauvons l’Université, la recherche, et l’enseignement de demain !

Contrôle parental

Samedi 20 décembre 2008

À l’initiative du gouvernement (et en cohésion avec une action européenne), et depuis quelques jours maintenant, un spot est diffusé sur la plupart des chaînes pour sensibiliser les parents aux différents dangers auxquels les enfants peuvent être confrontés sur l’Internet.

Campagne nationale

Ce spot est assez impressionnant (il a d’ailleurs été plusieurs fois primé), et je pense que le public manque en général d’informations sur les réalités de l’Internet.

Malheureusement, le message diffusé par le spot a deux défauts :

  • L’adresse internet du site associé à cette campagne est inexacte, la bonne adresse est http://www.media.famille.gouv.fr/ ;
  • Le message final est terriblement réducteur, et risque de poser plus de problèmes que d’en résoudre. En effet, le seul message proposé aux parents dans ce spot est l’un des 8 conseils pour mieux protéger ses infants sur Internet, qui pris tout seul n’est d’aucune efficacité. Ce message est « Activez le logiciel de contrôle parental. » Or, ces logiciels fonctionnent à l’aide de filtres, de listes blanches et listes noires. Il est certes mis à jour régulièrement, mais il est facilement contournable… Ce n’est donc pas une solution viable si c’est la seule appliquée.

De mon point de vue, le conseil qu’ils auraient dû mettre en avant est de ne pas laisser ses enfants aller seul sur l’Internet, tout comme on ne les laisse pas aller seuls dans la rue… Et petit à petit, leur apprendre les dangers qu’ils doivent éviter.

Coopérative d’habitants

Vendredi 10 octobre 2008

Avoir un toit au dessus de la tête, et savoir qu’on en aura un demain, c’est un gage de sérénité.

Cependant, je ne trouve pas la notion de propriété des plus agréables en général. L’acquisition d’un logement n’est donc pas pour moi un objectif, une raison de vivre, ni moins un symbole de réussite sociale. Pour autant, la solution que je pratique actuellement — la location — ne me satisfait pas. En effet, si je ne suis pas propriétaire, j’entretiens tout de même ce système en payant mon loyer à un tiers qui est lui propriétaire (et au passage rentier). Une solution alternative à ces deux approches est le squat, mais ça nécessite de faire un choix de vie plus global.

maison

Jusqu’à présent je ne voyais pas de solution satisfaisant à la fois mes besoins et mes idéaux. Et puis j’ai entendu parler des coopératives d’habitants. En France, l’une des principales structures qui aide ce genre de projet est l’association Habicoop. Ce n’est peut-être pas encore l’idéal, mais le fonctionnement ressemble un peu aux scops, et me semble partir dans une direction intéressante. Bien développée en Allemagne, cette alternative semble émerger doucement en France. À suivre !

La bourse, une fabuleuse mécanique

Mardi 7 octobre 2008

« La bourse (et le capitalisme en général) est un terrain de jeu pour personnes morales ou physiques fortunées, consistant à tenter de gagner le plus d’argent possible tout en faisant payer au peuple les pertes du système. »

Mécanisme qui décrit bien le fonctionnement, non seulement de la bourse, mais également de tous les grands groupes qui cherchent l’aide des États (du peuple donc) quand leurs petits montages s’effondrent… On parie combien que l’on choisira d’ignorer ce « petit détail », et que ça repartira de plus belle… Mais « promis, ça n’arrivera plus jamais ! »

Un mot qui manque

Lundi 11 août 2008

Dans son roman 1984, George Orwell présentait un monde totalitaire où la liberté de penser était bridée par l’appauvrissement de la langue. En effet, difficile parfois d’exprimer quelque chose qu’on a à l’esprit, et pour lequel aucun mot ou expression n’existe. On peut l’expliquer par comparaison, mais c’est souvent compliqué, ça implique une gymnastique de la langue et de l’esprit qui nuit à la communication.

Il existe ainsi un mot dont j’ai voulu me servir plusieurs fois, mais qui n’existe pas en français. Après en avoir discuté avec une amie allemande, il semble qu’en allemand non plus il n’existe pas. Je vais donc procéder par comparaison pour le décrire ici, et j’espère qu’un lecteur saura proposer un mot correspondant à cette idée.

Beaucoup de mots permettent de décrire l’idée que l’on fait la différence entre deux individus suivant une de leur caractéristique. Par exemple, le sexisme est le fait de considérer différemment deux personnes suivant leur sexe, le racisme suivant l’origine de l’individu, etc. Pour ces différentes idées, il existe bien sûr des mots qui permettent de décrire, de manière plus précise, non que l’on fait une différence entre deux états possibles, mais qu’on en favorise clairement un. Ainsi, la mysoginie est le fait de manifester un dédain ou une hostilité envers les femmes. Ce mot se place à un niveau différent de sexisme.

Or, en ce qui concerne les préférences sexuelles, on dispose du mot homophobie qui décrit une hostilité envers les homosexuels. On peut placer ce mot sur le même plan logique que la mysoginie : privilégier un état entre deux.

Mais (et c’est là que je veux en venir), il n’existe pas de mot qui serait à sexisme ce qu’homophobie est à misogynie.

Certes, la grande majorité des disciminations sur des personnes suivant leur choix sexuel le sont à l’encontre d’homosexuels. Pourtant, qu’en est-il des bisexuels ? Et si un hétérosexuel se fait refuser un emploi dans un établissement à fréquentation homosexuelle, il n’a pas été l’objet d’un traitement homophobe. On dira sans doute hétérophobe. Le générique d’homophobe, hétérophobe et biphobe (?) n’existe pas, c’est l’idée de ce billet.

Je trouve ça fou, pas vous ?

Revue de presse

Samedi 19 juillet 2008

Ces derniers temps, je me suis pas mal déplacé en train. J’en ai donc profité pour lire un peu, et voici une revue de presse sans ordre ni exhaustive sur l’écologie et la politique.

Le journal de la décroissance

J’ai découvert la Décroissance par hasard, au fil d’une conversation. Contrairement à Terra Economica, dont Cyto a parlé dans son blog, ce mensuel ne s’adresse pas forcément à des bobos écolos, mais prend aussi position sur des questions sociales fortes, a une position politique très marquée à gauche, propose des articles de fond et des réflexions assez intéressantes. Par exemple, dans le numéro de cet été, un article gratte-poil sur Disneyland Paris confirme ce que je croyais avoir compris de ce temple à la consommation.

Un autre article passionnant de ce numéro présente Curitiba (Brésil) comme un exemple de ville où l’urbanisation a été pensée dès le début pour rendre la ville humaine, structurée autour de transports en commun efficaces, et proposant des espaces de vie piétons agréables (avec notamment 51m² d’espaces verts par habitant).

Enfin, un article à l’opinion bien trempée fait remarquer que la télé publique sans pub, c’est bien, mais que la solution serait plutôt de lutter contre ce média qui est « une envahissante coulée diarréhique »…

Le défi climatique, n°31 des Dossiers de La Recherche

Voilà un dossier passionnant, qui fait le tour des connaissances des climatologues et des géographes, afin de tenter de répondre à nos craintes de bouleversement climatique. Le genre de revue à mettre entre les mains de Claude Allègre, celui-là même qui nous sort des phrases du type « la cause de la modification climatique contemporaine reste incertaine et n’est pas forcément due à l’activité humaine. » Riche en informations, cette revue tord le cou à plusieurs idées reçues, comme par exemple l’importance du Gulf Stream sur la douceur du climat européen. On y évoque aussi entre autres les dégâts causés par l’élevage industriel, causant des émissions de méthane très élevées.

Le message principal est porté par Rajendra Pachauri, prix Nobel de la paix en 2002, qui annonce « Il faut changer notre mode de vie. » Position à mettre en relation avec les positions du journal de la Décroissance ;)

Construire un monde durable, hors série n°243 de Science & Vie

Science & Vie a été la revue de mes années lycée. Arrivé à la fac, je lui ai préféré Pour la science, que j’ai trouvé plus riche. De temps en temps, quand le sujet est intéressant, je retrouve en kiosque Science & Vie. Mais régulièrement je suis déçu par la forme des articles, qui sont plus des brèves que des articles, et par l’approche presse à scandale (« on a inventé la lévitation ! » & co). Cependant, ce numéro consacré à l’écologie et au développement durable est assez intéressant, notamment par les informations qu’il comporte, la diversité des sujets évoqués et synthétisés en tableaux récapitulatifs…

Parmi les informations intéressantes, on trouve en vrac qu’une famille utilisant un sèche-linge consacre 15% de sa consommation électrique à cet appareil, ou encore des réflexions sur le type de ville qui implique le moins de pollution. Ainsi, on y retrouve l’idée — que j’avais déjà évoqué ici — que les citadins ayant fait le choix de se passer de voiture subissent la pollution des automobiles des rurbains et ruraux, alors que ces derniers reprochent à la ville sa pollution. On y lit encore que plus une ville est dense, moins elle pollue (moins de transports, moins de chauffage, etc.), et que la quête des Français d’un pavillon en zone périurbaine est une véritable aberration écologique. La mixité des lieux de vie, de travail et de commerces est aussi évidemment évoquée (ah ces cités-dortoir, qui entraînent plus de pollution qu’autre chose, quel bonheur…).

On y parle bien sûr de la non-solution que représentent les agrocarburants (appelés par certains biocarburants), sujet aussi abordé par la Décroissance. Et plein d’autres choses intéressantes.

Le canard enchaîné

Et pour finir ce petit tour d’horizon du kiosque estival, l’incontournable Canard Enchaîné, qui raconte comment notre président a gentillement aidé Bernard Tapie à « rafler 40 millions d’euros net » ou encore témoigne de la médiocrité des services du site internet Voyage SNCF. On peut aussi y lire comment les logements sociaux vont diminuer dans les années à venir, car non renouvelés faute de règlement par l’État d’aide au financement, comme il l’avait prévu initialement. Mais on est habitués maintenant aux agissements en catimini du gouvernement, anti-démocratique au possible…

Faire les choses à moitié

Dimanche 29 juin 2008

Quand on milite pour une cause que l’on considère importante, il existe plusieurs manières de le faire. Depuis la position intransigeante jusqu’à un certain laxisme compatissant.

Si l’on prend l’exemple du Logiciel Libre, on trouve parmi les gens convaincus de la justesse de cette cause plusieurs attitudes : l’intransigeance des gens qui n’envisagent de promouvoir et d’aider à installer que des logiciels libres, évitant par exemple de présenter des distributions proposant des logiciels propriétaires. À l’inverse, certaines personnes pensent que l’on doit proposer ces systèmes d’exploitation parsemés de logiciel propriétaire quand « il n’y a pas d’autre solution, et puis tout le monde a besoin de flash… » et que sans cette solution, les gens fuiront le Logiciel Libre car il serait incomplet en terme de fonctionnalité.

On retrouve ce type de dilemne par exemple dans le végétarisme. Ainsi, certaines personnes militent pour l’abolition de la viande chevaline. Or, je pense que c’est une erreur. En effet, cela implique que l’on considère certains animaux comme plus mangeables que les autres. Mais pourquoi ? Le cheval, s’il est élevé pour la viande, comme la vache, pourquoi un omnivore refuserait d’arrêter d’en manger alors qu’il consomme du bœuf ? Pour aller plus loin, si cette abolition était accomplie, alors je crois que rien ne pousserais les consommateurs à arrêter de consommer de la chair d’un autre animal. Les gens qui militent pour l’abolition de la viande chevaline disent que « ça serait un bon début. » Je pense qu’au contraire, ça ne sert à rien, disperse les énergies, et rassure les omnivores qui consomment une autre chair (« je ne fais rien de mal, c’est la chair du cheval que l’on doit éviter. »).

De la même manière, on parle beaucoup en ce moment dans le milieu de la défense du droit des animaux de Brigitte Bardot (qui a quelques démèlés avec la justice). Certaines personnes disent « mais elle a fait pas mal de bonnes choses pour les animaux, on peut la critiquer pour ses prises de positions racistes, mais il faut se souvenir de ce qu’elle a fait pour les phoques par exemple. » Mais si l ‘on prête attention à ses prises de position au sujet des animaux, on remarque qu’elles sont toujours orientées vers les animaux « mignons ». Cette prise de position spéciste, si d’un premier abord semble être favorable à la condition animale, peut aussi je pense entraîner l’effet inverse, car il n’y a pas que des animaux que l’humain trouve mignons…

En conclusion, je pense donc que faire les choses à moitié est loin d’être efficace quand l’on défend une idée, et que d’une certaine manière, cela nuit à la diffusion d’idées qui auraient été mieux véhiculées par un discours clair et sans concession.