Diffuser une émission de radio via Facebook Live

À l’occasion de la projection en avant-première de Libre, le film qui raconte l’aventure de Cédric Herrou dans la vallée de la Roya, Alpha de l’émission Faratanin Fraternité a réalisé une interview du militant. Elle sera diffusée le 6 octobre sur l’antenne de Radio Campus Clermont-Ferrand.

Cédric a gentillement proposé de diffuser l’émission en direct sur sa page Facebook. J’ai donc cherché comment connecter le stream icecast de Radio Campus sur Facebook. Voici comment faire :

  • Préparer une image fixe, dans l’idéal d’une petite résolution (512×512 par exemple), afin d’économiser de la bande passante, dans la suite nommée image.jpg
  • Identifier l’adresse du flux audio de votre radio, dans notre cas http://campus.abeille.com:8000/campus
  • Se rendre sur Facebook et créer un live, rendre éventuellement persistante la clé, afin de facilement reproduire la manipulation. Recopier l’adresse et la clé de diffusion (clediffusion ci-dessous) proposée par la plateforme
  • Sous GNU/Linux, utiliser ensuite la commande suivante :
​ffmpeg -r 30 -loop 1 -i image.jpg -i http://campus.abeille.com:8000/campus -c:a libfdk_aac -c:v h264 -b:v 768k -preset ultrafast -tune stillimage -pix_fmt yuvj444p -g 60 -profile:v high444 -level 4.2 -f flv "rtmp://live-api-s.facebook.com:80/rtmp/clediffusion"

On peut éventuellement remplacer libfdk_aac par aac si le codec n’est pas disponible.

Cette commande est inspirée d’une discussion sur stackoverflow. Elle encode la vidéo avec l’envoi d’une seule image par seconde, et une compression audio correspondant à ce qui est diffusé sur la plateforme.

Dans mes expérimentations, j’ai dû baisser de manière importante la résolution de l’image afin d’éviter des sacades qui apparaissaient toutes les deux à trois secondes.

NCL 2018

J’étais la semaine dernière à Londres, et plus précisément à la Royal Holloway pour la conférence NCL 2018. L’occasion de découvrir l’actualité de la recherche autour de la maladie de Batten : thérapie génique, approches novatrices par exosomes, informations sur la thérapie enzymatique pour CLN2… Je n’étais pas le seul représentant d’associations nationales de familles, et nous avons pu ainsi échanger avec des Norvégiens, des Anglais, des Américains, des Turques, des Danois… Rare, mais pas seul, comme on dit à VML.

De retour en France, je publie sur le site internet dédié à la maladie un compte-rendu très complet, ainsi qu’une synthèse de mes notes sur une question qui m’intéresse beaucoup en ce moment, la communication alternative et augmentée.

Vivre une création sonore collective

À l’occasion d’Utopie Sonore 2018, Guisane proposait d’animer un atelier de création collective, autour du thème du grand effondrement.

Lors de la première séance de travail, nous étions bien quarante à être réunis, motivés par la proposition initiale du projet :

“Le Grand Effondrement désigne des prédictions de déclin imminent du monde industriel contemporain. Ces conceptions décrivent un risque systémique de catastrophes planétaires provoqué directement par son mode de fonctionnement. Ces théories de l’effondrement ne relèvent pas de la preuve scientifique directe, mais s’appuient sur des indices mesurables et des études documentées” (Wikipedia). Dans cette logique, et dans la version la plus imminente de cette catastrophe annoncée, il y a une certaine excitation à voir enfin l’écroulement du capitalisme mais aussi la peur d’une précipitation fasciste et la fin totale qu’elle signifierait. Bref, ça chauffe. Cette théorie est un point de départ, chacun peut s’en libérer, la retourner, la malaxer et se l’approprier comme il l’entend. Le thème et la construction de sa matière sonore seront prétexte à des enregistrements expérimentaux.

Après quatre séances de travail collectif, complétés par des épisodes de travail plus individuels, nous avons réussi à construire une pièce sonore de 20 minutes, qui jusqu’à la restitution publique le samedi soir n’avait été écoutée en entier par personne… Le résultat est très beau, même s’il aborde une question difficile. Je vous laisse le découvrir ici :

Mais comment s’organiser, quand le sujet est passionnant, les participant·e·s nombreu·x·ses et bouillonnant·e·s d’idées, et le temps imparti très court…

Voici une première version d’un texte qui évoluera sans doute, et qui raconte comment s’est structuré l’atelier pour réaliser cette pièce sonore.

Déroulé de l’atelier de création sonore sur le grand effondrement

Son et mathématiques

Depuis le début de l’année dernière, je participe à un groupe de travail de l’IREM de Clermont-Ferrand consacré à l’informatique sans ordinateur. J’avais déjà parlé ici d’un premier projet consacré à l’adaptation de matériel pédagogique pour déficients visuels.

En parallèle, j’avais commencé à travailler sur un logiciel de synthèse additive, pour produire du son. Depuis, on a un peu avancé sur l’activité que nous concevons autour du son, et il fallait rédiger la fiche scientifique, celle qui parle de musique et de mathématiques. J’ai eu du mal à me retenir, et j’en ai faite une qui parle de son et de mathématiques.

Le document est d’abord écrit à destination des enseignant·e·s de mathématiques de collège, mais je pense qu’il peut intéresser toute personne qui cherche à comprendre un petit peu des sciences qui se cachent derrière les sons, la musique. Il s’agit plutôt d’une introduction, pour éveiller la curiosité et donner envie d’aller lire d’autres choses.

En vrac, ça parle de :

  • ce qu’est le son d’un point de vue physique
  • ce qu’est le son numérique par rapport au son analogique
  • ce qu’est une note, une octave, une gamme
  • pourquoi un piano ne sonne pas pareil qu’une clarinette quand ils jouent la même note
  • ce qu’est une note fondamentale, une harmonique
  • comment fabriquer du son musical de synthèse

Voilà, ça fait 16 pages, avec des figures, des captures d’écran, et quelques formules. Je le mets là pour les curieux, et suis très intéressé à tout retour.

Son et mathématiques (3,8Mo)

Café zapatiste

Pour la deuxième année, j’ai commandé du café zapatiste avec François. C’est le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte qui organise à Paris l’achat solidaire du café auprès de deux coopératives zapatistes, Yachil Xojobal Chulchan et Ssit Lequil Lum, le transport en Europe, la torréfaction puis les frais d’envois pour ceux qui ne sont pas à Paris. Le bon de souscription est disponible en ligne, il était à retourner avant fin février cette année.

Puisque j’utilise un moulin à café, j’ai commandé le café en grains. Je l’ai goûté ce matin. En entendant le son du moulin, j’ai eu peur qu’il ne soit trop grillé, mais au final  la torréfaction est bien. Je le trouve assez doux, un peu fruité, pas du tout amer, avec une belle longueur en bouche…

Atelier de bidouille sonore

Avec le cri de la girafe, on était cette année cinq à rejoindre l’Utopie Sonore. Parmi les propositions que nous avons faites aux participants, il y a eu l’atelier de musique concrète. Un titre bien ronflant pour un atelier que nous avons proposé à deux avec Théo, et que Karim a participé à animer.

Le principe de l’atelier était de découvrir comment déformer simplement des sons à l’aide d’un logiciel de montage comme Reaper ou Ardour, afin d’obtenir des textures sonores, des nappes, ou des pièces électroacoustiques.

Nous avons donc commencé par rappeler le principe d’objet sonore de Pierre Schaeffer, puis nous avons un peu parlé du vocabulaire que l’on avait pu construire l’année précédente dans l’atelier ch’ai faire, ch’ai dire. Nous avons ensuite donné aux participants un petit ensemble de sons récoltés l’année d’avant dans la cour des aulnays : bruits de frottement, d’eau, de percussions, etc.

Puis nous avons commencé à explorer avec les participants l’étirement du son, pour aller chercher dans les hautes fréquences les sons cachés. Nous avons discuté d’attaque, de superposition des sons, de l’idée de mettre les sons à l’envers. Certain·e·s participant·e·s se sont essayés aux effets, avec un peu d’équalisation, de réverbe. Nous avons discuté de l’idée d’avoir des détails à toutes les échelles, de l’idée d’être attentif aux superpositions de sons suivant les fréquences…

Chaque participant·e, en solo ou en binôme a réalisé à la fin de la séance une petite pièce sonore. Ce qui m’a vraiment intéressé, c’est de constater qu’avec le même matériau, et le même processus créatif, chaque proposition a sa propre énergie, son propre rythme, on perçoit une partie de la personnalité de celui ou celle qui a produit…

Le résultat de ces bridouillages est écoutable ci-dessous, ou sur le site du cri de la girafe. Ça s’intitule Musique concrètement collective, un collage en légère superposition et spatialisé par Théo.

Utopie Sonore 2018

L’été, c’est le moment où on recharge ses batteries pour l’année, où on vit ces petites parenthèses de rencontres, de découvertes, de création… Cette année, il y a eu des visites de châteaux, et puis des moments en famille, avec des ami·e·s, d’autres encore à profiter de temps seul. J’ai aussi avancé en recherche, et fait plein d’autres choses.

Et puis il y a eu Utopie Sonore. Comme l’année dernière, et celle d’avant aussi. Une petite semaine à cent fondus de son, à la Cour des Aulnays, où retrouver plein de gens qui sont devenus des amis au fil des retrouvailles en festival, rencontres et autres résidences. Utopie Sonore en août, c’est le point d’orgue, le moment d’expérimenter de nouvelles choses, de faire de nouvelles rencontres, et de vivre pleinement une utopie : coupés du monde, sans téléphone, avec la même envie de faire ensemble, et d’apprendre de nouvelles pratiques.

Cette année, avec les giraphones, on est venu·e·s à cinq, avec plein de propositions, certaines au programme, d’autres plus confidentielles.

La proposition principale du collectif, ça a été Exquise valise, une création collective sur le principe du cadavre exquis, pilotée par Aurélie, et dont le rendu final est vraiment réussi.

Pour la deuxième année, on a relancé l’idée de la bibliothèque éphémère, où chacun amène ses livres. C’est la première chose que j’ai construite en arrivant : les étagères et l’espace lecture pour accueillir livres et lecteurs… La photo ci-dessous a été prise avant l’arrivée des festivaliers, et je pense qu’on a bien eu deux fois plus de livres, avec plein de références super intéressantes…

J’ai aussi amené à Geneviève le Raspberry Pi avec logiciel corrigé pour que la maquette interactive soit pleinement fonctionnelle.

Avec Théo, on a aussi proposé un atelier autour de la musique concrète, on a aussi installé un atelier en autogestion pour la fabrication de micro-contacts.

Et puis on a participé à plusieurs créations collectives, échangé avec les copains et copines, et tellement bien mangé !!! Cette édition était vraiment très réussie, et il FAUT que ça continue.

Je commence à poster quelques billets sur ce site, pour compléter ce que nous avons commencé à poster sur le site du cri de la girafe, et sur ce qu’Anaïs recense sur le site d’Utopie Sonore :

Merci à Clémence, Emmanuelle et Élodie pour les photos qui illustrent ce billet.

GPIO et parallélisme

Il y a quelques mois, j’avais bricolé un Raspberry Pi pour réaliser une maquette interactive. Mais faute de temps, je n’avais pas réussi à gérer convenablement le parallélisme : contrôler en même temps 10 lecteurs mp3 en python, tout en assurant du « temps réel » pour la détection de la pression sur les boutons, ça marchait mal. Il faut dire que le choix du python avait été guidé par l’envie d’un prototypage rapide, mais sans plus de motivation.

Alors ces dernières nuits, j’ai pris le parti de tout reprendre à zéro, en utilisant cette fois-ci le C++. J’aime Qt, alors j’ai fait du Qt. Et pour le contrôle des entrées sorties de la petite machine, les GPIO, j’ai choisi la bibliothèque wiringPI. Tout de suite, tout marche beaucoup mieux !

À noter qu’il faut penser à installer libqt5multimedia5-pluginsqtmultimedia5-dev, ou encore  gstreamer-pulseaudio pour pouvoir utiliser QMediaPlayer. Étrangement d’ailleurs, sans le support de gstreamer dans pulseaudio, la lecture des mp3 est très très grésillante…

Bon par contre, le projet est encore sur github.

Visites de châteaux

J’ai profité de la période estivale pour entreprendre une visite éclectique de châteaux à travers la France, en m’intéressant aux sites qui proposaient du contenu accessible ou partiellement accessible à un enfant déficient visuel. Voici quelques retours de cette expérience.

Le chantier du château de Guédelon

Impossible de ne pas être tout excité quand on entend parler pour la première fois de ce projet gigantesque, qui a probablement dû commencer par un « et si on construisait un château ? » Quand on visite le sit de Guédelon, on est complètement conquis par le projet : construire un château à la manière des chantiers du XIIIe siècle. Seules les chaussures de sécurité semblent dépareiller dans le décor.

En discutant avec les personnes qui travaillent sur le chantier, on apprend par exemple que les deux dernières années ont été un peu dures, car une partie de la tour en cours de construction s’effondrait pendant l’hiver… Ce qui a amené les constructeurs à imaginer des toits temporaires, pour préserver les structures pendant l’hiver.

De manière générale, les équipes sont très attentives, ont proposé à plusieurs reprises de toucher ou d’écouter plus attentivement les différents postes de la construction.

 

Le château royal de Blois

Ce château royal se situe au cœur de Blois, paisible ville des bords de Loire, sur un site assez escarpé. La visite proposée aux personnes déficientes visuelles est très intéressante, et j’en profite ici pour remercier énormément le guide, qui a pris le temps de transmettre quelques aspects du château, en utilisant des astuces de description plutôt bienvenues : écoute de l’écho, utilisation de la direction de la parole pour indiquer l’emplacement des bâtiments, échantillons à toucher, ou encore maquette pour comprendre la structure globale du château.

À la recherche du troubadour au château de Castelnau-Bretenoux

Situé dans le Lot, le château de Castenlau-Bretenoux est géré par le centre des monuments nationaux, et propose l’été une visite thématique sur le thème du troubadour. À la fois un prétexte à explorer les différentes parties du château, et l’histoire des gens qui l’ont occupée, et une promenade à travers la culture des troubadours, la visite est animée par une comteuse très attentive à rendre accessible la visite à tous les publics : descriptions détaillées des tapisseries, petits objets à toucher, etc.

Nous avons bien fait de réserver avant d’y aller, car il y a peu de places pour ces visites très demandées, et cela a probablement grandement facilité la visite.

La restauration du château de Penne

On accède au site en traversant un superbe village, construit sur un piton rocheux, que l’on imagine formidable position défensive.

Le château de Penne pourrait sur le papier faire un peu penser au château de Guédelon, mais le projet est très différent. Pendant longtemps, la ruine du château a servi de terrain de jeu aux enfants du village, après avoir servi de carrière pour la construction des maisons aux alentours.

Le nouveau propriétaire a décidé de restaurer le château, en travaillant étape par étape, sous le regard attentif d’un architecte des bâtiments de France. Chaque nouvelle restauration doit auparavant être justifiée par des preuves archéologiques ou picturales…

Quand nous avons visité le château, une association spécialisée dans la construction à l’ancienne travaillait à la restauration d’une fenêtre et d’un pan de mur…

Arts martiaux médiévaux au château de Ventadour

Nous avons fini notre périple par la visite du château de Ventadour, ruine cristallisée sur un piton rocheux, au cœur de l’Ardèche, pour une démonstration d’arts martiaux médiévaux proposée par le Cercle des LAMHE. En les écoutant, nous en avons appris un peu plus sur les pratiques militaires de l’époque médiévale en Europe, à la fois de celles des seigneurs, mais également du peuple… On a découvert des gens passionnés, documentés, et très désireux de partager leur passion.

Le site quant à lui est vraiment impressionnant, on surplombe deux vallées depuis ce pic rocheux… Une très belle dernière étape pour notre périple châtelé.

fatsort

Une fois n’est pas coutume, je partage ici une petite astuce très pratique, que j’ai toujours du mal à retrouver…

Si vous avez un autoradio ou une enceinte bluetooth qui lit les fichiers sons depuis une clé usb, vous avez peut-être déjà été surpris de l’ordre choisi par le lecteur pour jouer les fichiers dans un dossier. En effet, certains lecteurs n’utilisent ni les méta-données, ni les noms des fichiers, mais un ordre qui semble arbitraire… Et qui correspond en réalité à l’ordre dans lequel les fichiers ont été écrits sur la clé. Ce défaut vient en bonne partie du format fat32.

Sous GNU/Linux, il existe heureusement un outil en ligne de commande très pratique pour trier les fichiers d’une clé. Pour cela, commencez par insérer la clé sans la monter, puis identifiez son nom à l’aide de la commande dmesg. Dans mon cas, il s’agit de sdd.

Il suffit ensuite d’utiliser dans un terminal la commande sudo fatsort /dev/sdd (en replaçant sdd par le nom de votre partition fat32). Pour installer ce logiciel sur une debian, un apt install fatsort devrait suffire.

Une fois cette opération réalisée, tous les fichiers présents sur la clé sont triés par ordre alphabétique, ce qui est généralement l’ordre que vous souhaitez. Sur mon autoradio, tout marche maintenant au poil !

Se raser sans plastique

Il y a plus de 10 (!) ans, j’écrivais sur ce blog mon plaisir d’utiliser au quotidien un rasoir de sûreté. Ce rasoir a été mon compagnon de poil pendant de nombreuses années, et je l’utilise encore parfois aujourd’hui.

Shavette

Mais depuis le début de l’année, j’ai commencé à utiliser une shavette. Il s’agit d’un rasoir qui se manipule comme un coupe-chou, mais dont la lame est rechargeable. On utilise d’ailleurs la même lame que dans les rasoirs de sûreté, en la cassant en deux le long de l’entaille centrale. J’ai acheté le mien sur le site art du barbier, avec quelques paquets de lames, et quelques produits d’entretien de la barbe. Je suis plutôt content de ce que j’y ai trouvé.

Je vois plusieurs avantages à l’utilisation d’une shavette, même si au début c’est impressionnant. Tout d’abord, cela permet d’avoir une meilleure vision sur ce qu’on est en train de faire. En effet, la tête d’un rasoir de sûreté est un peu grosse, et souvent devant la partie de la peau que l’on travaille. Ensuite, avec une shavette, on peut positionner la lame avec précision, et donc réaliser des contours plus nets. Et puis on peut éviter plusieurs passages, si on arrive à positionner la lame avec le bon angle.

Gomme à barbe

Plus récemment, une amie m’a donné un rasoir à l’allure inconnue. Commercialisé dans les années 50 sous le nom de rasoir à gommer la barbe, il s’agit d’un petit rasoir mécanique, composé d’un cylindre métallique percé de trous, que l’on fait rouler sur la peau. Enfermée à l’intérieur, une lame effleure le rouleau, et vient couper les poils qui se glissent dans les mailles du cylindre.

Le changement de lame est très facile, il se fait par rotation de la pièce métallique centrale du rouleau. La lame, qui fait toute la longueur du rouleau, a un profil plié en deux.

Alors bien sûr, c’est bien moins efficace qu’une shavette, mais tellement petit, et pratique pour se raser sans se prendre la tête dans les détails… Adopté !

L’étape ultime du non déchet sera donc le coupe-chou, mais je manque encore un peu d’expérience pour franchir le pas…

SAJE

Depuis janvier, avec Lise, on fait de la radio avec les mineurs isolés étrangers du 5 étoiles. Ça s’appelle Faratanin Fraternité. Dans la continuité, on a réalisé plusieurs reportages à travers la France sur les réseaux qui se structurent pour accueillir.

À Clermont-Ferrand, on a aussi rencontré d’autres intervenant·e·s qui proposent des activités à ces jeunes. On partage ensemble la même envie de les accompagner au mieux. Au fil de nos échanges, on a constaté que s’il y avait des propositions d’hébergement solidaire, elles n’étaient pas connectées à nos cercles de militantisme et associatif. Nous avons donc initié ces dernières semaines un réseau d’hébergement. Ça s’appelle SAJE, pour Soutien et Accueil des Jeunes Étrangers. La première réunion d’information s’est déroulée le 30 mai, et ça s’est plutôt bien passé, nous avons rencontré un peu plus de 25 personnes intéressées, quelques contacts venant enrichir les premiers engagements d’hébergement…

Pour suivre l’actualité de SAJE, rendez-vous donc sur la page facebook du collectif.

Maquette interactive

Utopie Sonore, c’est une résidence collective, où plus de 100 curieux du son se réunissent pendant quelques jours de la fin d’août à la cour des Aulnays pour vivre ensemble, créer ensemble, s’apprendre, échanger. C’est mon bol d’air estival. Et quand on a proposé d’imaginer une restitution de la rencontre 2017 au festival Bruits, j’ai eu très envie de m’y plonger à fond.

J’aime l’idée de placer le son dans l’espace. À grande échelle, mais aussi en miniature. C’est ce qui a motivé la création de cette maquette interactive : fabriquer un objet à l’image de la cour des Aulnays, et permettre aux auditeurs de s’approprier l’espace, de découvrir où nous avons produit les sons, comment nous avons vécu cette parenthèse utopique.

Je voulais la maquette d’une taille A0, en relief, accessible aux déficients visuels, facile à manipuler, et permettant de déclencher des sons à l’aide de boutons, afin d’écouter à la fois les sons produits sur place, mais également d’entendre quelques captations sauvages de l’événement. 2 semaines avant Bruits, je me suis donc lancé dans un sprint de réalisation.

Informatique

Initialement, j’envisageais de permettre à l’auditeur la superposition de sons. Il fallait pouvoir jouer plusieurs fichiers en même temps. J’ai donc opté pour un nano-ordinateur raspberry pi, facile à programmer, facile à câbler, consommant peu.

J’ai rapidement prototypé un logiciel en python, pour mettre en place l’ensemble des idées : des boutons pour déclencher et stopper les sons, un bouton stop général… Pendant les essais, j’ai tout de même constaté que l’émulation de l’exécution en parallèle de python était un peu légère pour lancer plusieurs sons en parallèle. J’envisage de prochainement retravailler le code source afin de permettre une plus grande interaction. Dans la version qui a été présentée, le déclenchement d’un son stoppait les autres.

Le code source du projet est disponible sur github, il évoluera donc ces temps prochains, mais on y retrouve les grandes idées de ce que je voulais faire.

Électronique

Je ne voulais pas souder de câbles sur le raspberry pi. J’ai donc cherché un peu, et penché pour de la récup’ de nappes d’ordinateurs. Je pensais initialement utiliser une nappe IDE 40 pins. Mais il ne faut pas ! En effet, 7 broches sont connectées à l’intérieur de ces nappes, ce qui peut provoquer un court-circuit dans le raspberry, connectant des pins qui ne devraient pas l’être. J’ai finalement opté pour une nappe 34 broches, prévue pour les lecteurs disquettes.

Après avoir soudé à chaque fil de la nappe un court fil plus épais, j’ai utilisé des dominos pour faciliter l’assemblage du reste du câblage. J’ai soudé sur chaque bouton deux fils, que j’ai ensuite relié d’une part à un pin GPIO, et d’autre part au pin de la masse.

Lorsque le bouton n’est pas pressé, l’ordinateur lit une tension de 3.3V. Lorsque le bouton est pressé, une résistance interne au raspberry annule la tension de 3.3V, et le bouton est donc à la masse. Pour avoir ce comportement en interne, il ne faut pas oublier de déclarer un réglage pull-up dans le code python. L’autre alternative est d’utiliser une résistance connectée au 3.3V en plus des deux autres câblages. J’ai opté pour le plus simple.

Modélisation

L’étape d’après à consisté à modéliser en 3D la cour des Aulnays. Je suis parti de plans d’architectes, de vues aériennes et de mes souvenirs pour construire une scène 3D simplifiée de la cour, grâce à blender. Une fois la structure validée, j’ai repris la modélisation en n’assemblant que des petits plans d’une épaisseur de 3mm, afin de préparer la découpe puis l’assemblage. J’ai prévu des assemblages par languettes au niveau des fondations, et de quelques endroits stratégiques, comme la tour et les tourelles.

Découpage

J’ai ensuite réalisé à la main la mise à plat de chacune de ces planches, afin de m’assurer de la cohérence de l’ensemble. Après un export sous forme de maillages, j’ai utilisé slic3r pour exporter le maillage en coupes au format SVG. J’ai alors assemblé le tout, je l’ai enrichi de quelques éléments supplémentaires, puis j’ai exporté le tout au format DXF.

La découpeuse laser de SIGMake m’a une nouvelle fois servi. J’ai dû tout de même optimiser soigneusement le placement de mes découpes, car il me restait assez peu de medium 3mm…

Assemblage

Enfin est arrivé le moment de l’assemblage : vérifier que tout s’assemble correctement (j’ai juste eu à poncer une ouverture, mais tout le reste fonctionnait), câblage, puis collage de l’ensemble.

Afin d’assurer une plus longue espérance de vie à la maquette, je l’ai vernie. Bon, une couche suffit. J’ai également retouché un peu certains champs avec un feutre Faber-Castell sepia B, pour retrouver la couleur du bois brûlé, lorsque j’avais un peu poncé les arêtes.

Les dernières étapes ont consisté à éclairé l’intérieur grâce à une guirlande (merci Lise !) faufilée par les trappes sous les bâtiments, et à placer des étiquettes braille et en noir indiquant le nom des différents lieux utilisés pendant Utopie Sonore.

À Bruits#2

La maquette est arrivée sans heurt à Pol’N, où se déroulait le festival Bruits.

Les auditeurs se sont très vite appropriés la maquette, malgré quelques défauts qu’il me faudra régler avant la prochaine présentation : un grésillement constant, peut-être lié au pré-ampli qui saturait ou aux casques utilisés ; une durée de pression des boutons mal réglée. Et puis j’aimerais régler ce problème d’exécution en parallèle, pour pouvoir lancer plusieurs sons simultanés.

La suite au prochain épisode !

Cartographier l’accessibilité

Ce vendredi, nous organisions avec Gauthier une cartopartie dans le cadre de la nuit de la géographie. Qu’est-ce qu’une cartopartie ? Il s’agit d’une action de contribution collective à OpenStreetMap, le Wikipédia des cartes.

Nous avions ciblé notre événement sur la problématique de l’accessibilité : quels sont les équipements ou informations que l’on peut renseigner dans la base de données géographique, et qui permettraient de faciliter l’appropriation de l’espace par des personnes en situation de handicap ? En parcourant le wiki du projet, nous avions découvert les informations que l’on peut renseigner : accessibilité des établissements recevant du public, qualité de l’équipement de passages piétons, rampes d’accès, configuration d’escaliers…

Nous avions focalisé notre action aux alentours de l’IADT, situé au sud du jardin Lecoq. Nous avons donc collecté les informations concernant les entrées de bâtiments, les passages piétons, les rampes et les escaliers, en documentant :

  • Entrées de bâtiments : leur position sur la façade du bâtiment pour permettre un guidage jusqu’à la porte.
  • Passage piéton : la présence et la qualité de bateaux permettant à un fauteuil roulant de l’emprunter, la présence de bandes podotactiles, et leur qualité, mais également la présence d’un dispositif sonore destiné à rendre accessible l’état du feu aux déficients visuels.
  • Rampes  la présence et l’orientation de rampes d’accès aux bâtiments publics.
  • Escaliers  la présence d’escaliers, le fait qu’ils soient équipés de rampe, de bande podotactile, leur nombre de marches.

En nous documentant sur la manière de décrire les escaliers, nous avons découvert que la seule manière actuellement standard de décrire les escaliers était d’en dessiner le tracé du parcours, et non l’emprise au sol de la volée de marches (voir la figure ci-dessous, schémas du haut). Si pour un escalier étroit et long, cela ne pose pas de problème, comment décrire les choses quand les escaliers sont plus complexes, comme par exemple devant la faculté de droit à Clermont-Ferrand ? On peut par exemple décrire plusieurs itinéraires alternatifs, couvrant à plusieurs endroits les escaliers. Mais une autre piste, qui commence à être proposée, consisterait à décrire l’emprise au sol par une région, et à la connecter ensuite à des chemins de circulation situés au dessus et en dessous (voir la figure ci-dessous, schémas du bas).

Voilà un exemple qui illustre la complexité de la description des données géographiques, mais qui sont pourtant essentielles pour être capables de décrire correctement un environnement complexe, notamment dans le projet ACTIVmap que nous avons initié cette année. Affaire à suivre !

Agence Européenne du Médicament

Je suis depuis quelques mois impliqué dans l’association Vaincre les Maladies Lysosomales (VML), où j’essaye de donner du temps comme référent sur la pathologie céroïdes-lipofuscinoses neuronales (CLN). J’avais d’ailleurs annoncé sur ce blog la création d’un site internet destiné à informer sur cette maladie : cln.jmfavreau.info.

C’est dans ce cadre que j’ai été récemment contacté pour participer en tant que représentant des parents CLN de l’association VML à une réunion organisée par l’Agence Européenne du Médicament, dont le rôle est de garantir l’évaluation scientifique, le contrôle et le suivi de la sécurité des médicaments à usage humain et vétérinaire dans l’UE. Si je connaissais l’existence de cette agence, je n’avais qu’une idée très vague de son fonctionnement. J’ai donc accepté avec grand intérêt cette proposition, qui m’a amené la semaine dernière à participer à une réunion à Londres.

Bien sûr, je ne pourrai pas détailler plus avant les détails de la proposition pour laquelle j’ai été appelé à participer, mais le processus est le même pour toute proposition : lorsqu’une entreprise souhaite procéder à des essais thérapeutiques, ou à la mise sur le marché d’un médicament, elle doit présenter un dossier à l’agence, qui réunit des experts afin d’évaluer la pertinence de la proposition.

Pour ma part, j’ai été sollicité comme représentant de familles, dans un processus qui avait déjà commencé plusieurs mois auparavant. L’entreprise avait déjà été confrontée à des questions explicites de commissions successives, et avait préparé un dossier répondant à ces premières interrogations. Avant la réunion de 1h30 à laquelle j’ai participé, chaque membre de la commission avait pu consulter un document très complet décrivant la démarche scientifique de l’entreprise, et le support projeté avait été envoyé. Nous avions donc le temps de prendre connaissance des détails, et de préparer toutes les questions souhaitées à destination des représentants de l’entreprise.

Le jour J, je me suis présenté à l’agence, située pendant encore quelques temps à Londres, dans à Canary Whalf, un quartier plutôt cravaté… La réunion a eu lieu dans une salle où deux rangées de tables se faisaient face. Sur chacun des murs opposés, un vidéoprojecteur proposait le support que l’entreprise a utilisé pour répondre aux questions. La salle était équipée d’un système audio, et plusieurs participants ont rejoint la réunion par conférence audio.

Avant que l’entreprise ne rentre dans la salle, nous avons eu l’occasion d’échanger rapidement avec la dizaine de participants, venus de plusieurs pays européens, et sélectionnés pour leur connaissance de la maladie, et des aspects scientifiques associés à ces thérapies. Puis les représentants de l’entreprise sont rentrés, et ont commencé leur présentation, que nous interrompions à chaque question problématique. Le processus de décision va se poursuivre, avec d’autres commissions, qui viendront compléter les avis donnés par le groupe auquel j’ai participé.

J’ai trouvé cette expérience passionnante, car elle donne une réelle place aux citoyens dans le processus d’introduction de médicaments sur le territoire européen. Si j’y retourne, j’essaye de prendre des photos, voire de faire un reportage radio !

L’accueil des mineurs isolés étrangers

En démarrant l’émission Faratanin Fraternité avec les jeunes minteurs isolés étrangers de Clermont-Ferrand, j’ai pris du temps pour me renseigner sur les conditions d’accueil de ces jeunes, que l’état choisi de ne pas reconnaître. J’ai notamment découvert que depuis 1982, l’état déléguait aux département la gestion des mineurs, et que la prise en charge de ces jeunes était très variable d’une ville à l’autre.

J’ai donc commencé une série de documentaires avec Lise, pour essayer de faire comprendre un peu plus ce que vivent ces jeunes. Il y a quelques jours, une militante de Marseille disait au micro d’un copain de Radio Grenouille : quand on se bat aux côtés des demandeurs d’asile, on se bat pour que la loi change. Quand on se bat aux côtés des mineurs isolés étrangers, on se bat pour que l’état respecte la loi.

Nous avons donc déjà produit deux documentaires pour le cri de la girafe. Le premier a aussi été diffusé sur toutes les radios du réseau Radio Campus France, dans le cadre du programme Univox. Il raconte le quotidien de ces jeunes à Toulouse :

Le deuxième permet de découvrir comment ça se passe à Brest :

On prépare maintenant le prochain documentaire de la série, en co-production avec Radio Grenouille, pour faire entendre ce qui se passe à Marseille.

Pour comprendre un peu mieux les choses, les conditions de vie de ces jeunes, et des gens qui les aident à ne pas vivre à la rue, vous pouvez aussi aller faire un tour sur le site du cri de la girafe, et découvrir tous les autres sons associés…

Faratanin Fraternité

En ce début d’année 2018, j’ai entrepris avec plusieurs ami·e·s un projet radiophonique aux multiples facettes. Tout a commencé je crois avec Lise, quand on a décidé d’aller rencontrer les jeunes mineurs isolés étrangers hébergés au 5 étoiles.

De là est né un projet d’émission, un atelier pour faire découvrir à ces mineurs isolés étrangers ce qu’est la radio, de leur faire découvrir que tendre un micro offre une légitimité qui permet d’aller voir partout. Ils ont très envie de raconter leur vie, pour que les auditeurs comprennent ce qu’ils vivent. On a très envie de les entendre dans leur découverte de la France. Ça se passe sur Radio Campus Clermont, et l’émission s’intitule Faratanin Fraternité. On peut même écouter la première émission, diffusée samedi dernier :

De ces rencontres est née l’envie d’aller découvrir comment se passe cet hébergement dans les autres villes de France. Avec Lise et Robin, nous nous sommes rendus à Toulouse rencontrer le collectif autonoMIE, et à l’occasion du festival Longueur d’ondes, je suis allé à Brest, et j’y ai rencontré le mouvement zéro personne à la rue, qui a ouvert un logement pour ces jeunes. En préparation maintenant, une petite série de portraits de ces lieux d’hébergement, où l’on découvrira comment ces collectifs assurent les missions d’un service public qui s’est complètement désengagé.

En parallèle de ce travail documentaire, nous avons commencé avec Catherine à travailler sur une série de témoignages-portraits, où les jeunes se racontent, et racontent leur itinéraire. À découvrir sur le site du cri de la girafe.

Si vous avez envie d’en entendre plus sur les mineurs isolés à Toulouse ou Brest, venez ce samedi à l’écoute collective, rendez-vous à Radio Campus !

Expérimentations et recherches pour l’adaptation à la déficience visuelle

Cela fait maintenant quelques temps que mes activités de recherche et d’expérimentation se tournent autour de la question de la déficience visuelle. Cet été, j’avais commencé à animer un blog au sujet de l’accessibilité au quotidien pour une enfant malvoyant. Mes activités de recherche prenaient doucement le même chemin, mais sans de réelle communication sur le sujet.

Et bien c’est en train de changer !

ACTIVmap

Tout d’abord, puis que je commence depuis novembre à accompagner un doctorant en informatique sur la génération de carte en relief pour non voyants, sur un sujet tout neuf, il nous fallait un outil de communication efficace. C’est maintenant fait ! Allez faire un tour sur le site du projet ACTIVmap, vous constaterez que depuis début 2017, beaucoup de choses se sont passées ! Des travaux d’étudiants, des collaborations naissantes, des idées qui germent…

Et pour raconter tout ça, rien de mieux qu’une petite explication filmée, avec de belles images ! Il y a un an, j’étais allé à l’API Hour de Clermont’ech parler des outils pour manipuler des images médicales. Cette fois-ci, j’ai raconté comment on pourrait fabriquer des cartes pour déficients visuels via OpenStreetMap :

Informatique sans ordinateur

J’ai aussi commencé à travailler avec Pascal Lafourcade et le groupe de recherche de l’IREM consacrée à l’informatique sans ordinateur. J’en avais déjà parlé ici dans l’article consacré à la synthèse de son additive. En regardant le matériel pédagogique qu’ils avaient créé, j’ai eu très envie de réfléchir avec eux à l’adaptation pour déficients visuels. Coup de chance, ça a pas mal amusé Samuel aux petits débrouillards. On a donc commencé à travaillé à la rentrée, et on est vraiment contents d’avoir les premiers résultats à montrer. Le matériel que nous avons imaginé, en collaboration avec Laurence d’ADVOX sera bientôt expérimenté auprès d’un public empêché. En attendant, vous pouvez lire comment on a fait sur la page du projet.

Radiocratie, une webradio pour les contrôler toutes

Il y a peu, je partageais ici la création d’un collectif de création sonore, le cri de la girafe. Un nouveau projet pour poursuivre l’aventure du son après avoir biberonné 8 années à Radio Campus. Seulement, il restait une dimension à poursuivre : le direct, et la programmation. Avec Théo et Fifie, on a donc commencé à travaillé voilà plus de six mois à la création d’une webradio. J’avais d’ailleurs écrit il y a quelques mois comment on pouvait facilement démarrer une telle webradio. Et après quelques mois de rodage, c’est le moment de la partager avec tous ! Vous allez voir, je suis sûr que vous y trouverez du son que vous aimez.

Voici la note d’intention présentée sur le site internet :

La programmation musicale de Radiocratie se veut à l’image de ce que nous écoutons : entre les douceurs des titres qui ne peuvent pas être oubliés, les pièces posées là pour surprendre, et les sons qui dérangent…

Sauf émission spéciale, la journée sur Radiocratie commence à 8h, par une programmation musicale que même Claire et Sylvain Blanchard apprécient. À 18h, Claire et Sylvain se préparent pour une petite soirée festive. Au programme : de la musique pour les mettre en transe ! Mais passé 2h du mat’, chut, Claire et Sylvain dorment. Ne leur parlez pas de ce qui passe sur Radiocratie !

Les sons ne sont pas choisis en fonction de leur style musical, mais plutôt par énergie : tranquille, normal, énervé… Sauf si on s’est lourdement trompées, les oreilles de Claire et Sylvain Blanchard naviguent au fil de nos humeurs, progressivement entre toutes les ambiances du spectre.

Rendez-vous sur radiocratie.com pour en écouter plus !

écoute, bruit, musique

Vous l’aurez compris à mes bidouillages récents sur la synthèse additive, à la réalisation d’un artichaut sonore avec un bout du cri de la girafe, je continue d’explorer des trucs autour de l’écoute, du bruit et de la musique. ALors évidemment, pour alimenter ces expérimentations, j’ai poursuivi mes lectures sur la musique. Voici donc quelques titres qui sont venus rejoindre les précédents sur mon chevet ces dernières semaines.

Tout est bruit pour qui a peur, de Pierre Albert Castanet

Sous-titré pour une histoire sociale du son sale, cet essai très dense emprunte son titre à Sophocle. Je suis loin de l’avoir fini, car il navigue entre sociologie, musicologie, et histoire récente. On y parle de bruit social, de bouleversement des idées, de musique institutionnelle, de musique populaire, de toutes les facettes du son-bruit. Le texte bouillonne d’exemples, un millier de portes ouvertes à qui veut explorer.

Filigrane n°7, intitulé Musique et bruit

La revue Filigrane (Musique, Esthétique, Sciences, Société) propose régulièrement, sous forme de recueil, une série d’articles sur un sujet commun. Ce numéro, datant du premier trimestre 2008 aborde la question de la musique et du bruit. Regroupés en deux parties, les premiers articles abordent à la fois l’aspect scientifique et historique du bruit. J’ai particulièrement aimé lire l’article intitulé « Anthropologie historique de la notion de bruit », qui fait écho à des idées explorées par Schafer dans son paysage sonore. La deuxième partie traite de la place du bruit dans le musique contemporaine. Une belle revue pour s’ouvrir l’esprit sur la notion de bruit.

Voyage de mon oreille, de Claude Ballif

Voilà aussi un livre qu’il faut prendre le temps de lire calmement. L’auteur nous accompagne dans son univers. Avec ce livre, on a l’impression de soulever le rideau, de voir e qu’il y a derrière la partition d’un compositeur de musique contemporaine. On ne parle pas ici de technique, mais de motivations, de construction de la beauté. Étourdissant.

La machine à écouter, essai de psycho-acoustique, E. Leipp

Publié en 1977, cet essai s’intéresse à ce qu’est le son d’un point de vue physique, et propose un modèle permettant de décrire comment l’humain perçoit, traite et analyse les sons, la musique. L’intuition pédagogique géniale de l’auteur, c’est d’assimiler un humain à un ordinateur, avec des capteurs, une unité centrale, etc. Alors certes, les modèles informatiques datent de la fin des années 70, mais je trouve l’ensemble très très accessible.

Le boucher du prince Wen-houei, de Bastien Gallet

Le volume est sous-titré enquêtes sur les musiques électroniques. Rempli de références à des artistes et albums qui jalonnent l’histoire de ces musiques, les pages retracent les différentes influences et connexions entre ces sonorités, à la place des techniques dans la création. Le livre est construit comme un collage de textes publiés précédemment par l’auteur, et permettent d’appréhender la problématique sous nombre de facettes différentes, depuis la technique jusqu’à des problématiques plus philosophiques, liées aux pratiques de ces musiciens…