Performances & installations à US17

Cette année à Utopie Sonore, il y a eu pas mal d’in­stal­la­tions et de per­for­mances présen­tées. Cer­taines réal­isées à l’a­vance, d’autre con­stru­ites pen­dant les qua­tre jours à la cour des Aulnays. Évidem­ment, il était impos­si­ble d’as­sis­ter à toutes les propo­si­tions, car les journées étaient bien rem­plies : par­tic­i­pa­tion aux tâch­es col­lec­tives, ani­ma­tion et par­tic­i­pa­tion à des ate­liers, tra­vail de mon­tage pour par­ticiper aux appels à con­tri­bu­tion…

jeux de lumière transmerdunor

Par­mi les instal­la­tions que j’ai vu, je crois que c’est Trans­mer­dunor qui m’a le plus mar­qué. On nous l’avait présen­té comme une expéri­ence comme pren­dre du LSD. Les deux pro­tag­o­nistes s’é­taient enfer­més dans une pièce du manoir, et pen­dant la pre­mière journée et la pre­mière nuit, on n’a rien pu voir, rien pu enten­dre. On les a vu tra­vers­er la cour des Aulnays en long, en large et en tra­vers, ramenant dans leur nid des tuyaux, des objets, des bid­ules. Et puis enfin on a pu ren­tr­er. 8 tuyaux qui dif­fusent du son, agencés pour immerg­er com­plète­ment l’au­di­teur dans un univers intriguant, vari­ant, par­fois silen­cieux,
par­fois hyper­flip­pant, sou­vent drôle. Et des jeux de lumière, sub­limes mécaniques déli­cates, pour accom­pa­g­n­er le puz­zle sonore. Un truc com­plète­ment dingue.

Téléphones sauvages

Juste en sor­tant du Trans­mer­dunor, on tombait sur un pro­jet du col­lec­tif Étrange Miroir, inti­t­ulé Télé­phones sauvages. Un dis­posi­tif d’é­coute très réus­si, avec des télé­phones à cad­ran rotatif pour choisir la piste à écouter, et un pro­jet audio vrai­ment très chou­ette : des dis­cus­sions télé­phoniques en tout genre, empreinte absurde de nos échanges avec les stan­dards télé­phoniques.

Il y a eu aus­si le pro­jet Éponges d’une nuit d’été, un pro­jet col­lec­tif pro­posé par Leslie Doumerc & Arthur Lacomme. Les par­tic­i­pants d’U­topie Sonore étaient invités à enreg­istr­er leurs pre­miers mots du matin, autour du rêve. Un groupe a ensuite tra­vail­lé à met­tre en forme une resti­tu­tion mêlant enreg­istrements de voix, et sons pro­duits en direct. Le résul­tat était drôle et cap­ti­vant.

L’an­née dernière déjà, la radio cousue main était là. Cette année, c’é­tait une radio cousue main à dis­tance, depuis Istam­bul, et la Lit­tle Syr­ia, pour une représen­ta­tion en direct à tra­vers les inter­nets très émou­vante.

Un peu plus loin dans la cour, dans un ancien bâti­ment un peu délabré, en pierre, et joli­ment rebap­tisé les ruines de la révo­lu­tion, un rideau, et un nom intriguant : le Sono­mate. Cha­cun était invité à y aller seul, et à décou­vrir le dis­posi­tif. Instal­lé sur une table, un boîti­er en bois et en verre, duquel sor­taient un inter­rup­teur et un micro. La curiosité invi­tait à press­er le bou­ton. Une lumière et un mécan­isme s’ac­ti­vaient. À l’in­térieur du boîti­er, un tic-tac sonore, pro­duit par un min­u­teur, et un enreg­istreur k7. Vous aviez quelques dizaines de sec­on­des pour y laiss­er votre mes­sage. Le résul­tat est sur­prenant, poé­tique, drôle, mul­ti­ple, à l’im­age des qua­tre jours.


Et puis, un des moments que j’ai le plus aimé, c’est l’é­coute col­lec­tive de créa­tions sonores, pen­dant toute la nuit, dans la chapelle. Des mate­las, des canapés, des fau­teuils, et des gens dans des duvets, à regarder la char­p­ente voûtée de ce superbe vol­ume.

Il y a eu plein d’autres choses encore, que l’on peut retrou­ver sur la page des resti­tu­tions de l’édi­tion 2017 d’U­topie Sonore !