Création sonore : quelques lectures

Depuis cet été, j’ai com­mencé à col­lecter quelques lec­tures pour ali­menter mes réflex­ions sur la créa­tion sonore telle qu’elle est envis­agée à la radio. Je vous pro­pose un tour d’horizon de mes décou­vertes récentes, cer­taines trou­vées au hasard des prom­e­nades chez les bouquin­istes, d’autres pro­posées lors de dis­cus­sions avec des pas­sion­nés du son, et d’autres encore dénichées grâce à l’internet.

quelques livres sur le son

Mais d’abord, il faut bien dire que créa­tion sonore, c’est un terme bien vaste. Suiv­ant qui le dit, et d’où il par­le, ça peut vouloir dire : doc­u­men­taire, inter­view, reportage, musique con­crète, con­tem­po­raine, bruitage, théâtre enreg­istré, voire même musique actuelle ! C’est par­fois le pro­pos qui définit l’objet radio­phonique comme créa­tion sonore, par­fois l’intention dans le choix des tech­niques, par­fois le procédé de con­struc­tion, d’assemblage, ou même le procédé de dif­fu­sion.

Alors évidem­ment, les livres qui ont retenu mon atten­tion ces derniers mois ne cou­vrent pas tout le spec­tre, c’est le début d’un ray­on de ma bib­lio­thèque per­son­nelle que j’espère étof­fer au fil du temps, et qui répond mon début de col­lec­tion des moyens de cap­ta­tion, à l’amorce de banque de son qui s’installe tran­quille­ment sur mon disque dur, à la panoplie de logi­ciels de traite­ment de son que j’apprends à utilis­er petit à petit… Je sais qu’il manque des choses pour cou­vrir raisonnable­ment le spec­tre : par exem­ple, je n’ai pas encore trou­vé d’ouvrage sur le son vu par un acousti­cien, sur les dif­férentes formes d’interview radio­phoniques, sur la com­po­si­tion de musique de film, sur l’histoire de la radio du point de vue de ceux qui l’ont faite…

Pour une écriture du son, Daniel Deshays (2006)

ecriture-son

C’est l’un des livres dans lequel j’ai pris con­science du plus de choses sur la fab­ri­ca­tion d’objets sonores. Daniel Deshays a con­stru­it la bande-son de nom­breuses pièces de théâtre et de films, il est respon­s­able de l’enseignement du son à l’École nationale supérieure des arts et tech­niques du théâtre. Dans ce bouquin, on prend con­science de la spé­ci­ficité du son par rap­port à l’image, on com­prend l’écoute comme accès instan­ta­née sans vue glob­ale, on conçoit le son comme incar­nant le geste plutôt que l’objet, on com­prend pourquoi il faut recon­stru­ire l’ambiance sonore que l’on veut ren­dre plutôt que de l’enregistrer d’un bloc…

On peut aus­si regarder une de ses con­férences récentes qui s’adresse là un peu plus aux gens du ciné­ma, et donc plus aux faiseurs d’images. Mais on y com­prend quand même pas mal de choses.

Le son, traité d’acoulogie, Michel Chion (2000)

le-son

Celui-là, je viens de le récupér­er, je l’ai com­mandé grâce à chez mon libraire, le site qui per­met de trou­ver un livre chez les libraires près de chez soi, ou de les com­man­der.

Michel Chion est un com­pos­i­teur de musique con­crète. De ce que j’ai vu pour l’instant, son livre est très acces­si­ble, qui abor­de notam­ment la ques­tion de l’écoute, de ce qu’est le bruit au regard de la musique, il ques­tionne la place des instru­ments élec­tron­iques face à ceux dit acous­tiques. Il décrit et étend les réflex­ions de Pierre Scha­ef­fer.

Dictionnaire de la radio, Robert Prot (1997)

dictionnaire-radio

C’est un dic­tio­n­naire au sens pre­mier du terme, qui com­mence avec Abergel (Jacques), et fini avec Zur­fluh (Éliane). C’est un dic­tio­n­naire qui s’intéresse plutôt à la radio du point de vue de l’auditeur : peu de choses au sujet des élé­ments qui com­posent une émis­sion (pas d’entrée pour con­duc­teur par exem­ple), mais beau­coup d’informations sur les acteurs de la radio, depuis les débuts jusqu’à 1997. La radio fran­coph­o­ne, prin­ci­pale­ment en France, avec les reporters, créa­teurs radio­phoniques, respon­s­ables d’émissions. Les émis­sions impor­tantes ont aus­si leur entrée. En pre­mière par­tie, un texte d’une trentaine de pages retrace l’histoire de la radio, depuis les bal­bu­tiements tech­niques jusqu’à la RNT.

Le guide de la voix, Yves Ormezzano (2000)

voix

Le doc­teur Yves Ormez­zano est ORL-pho­ni­a­tre. C’est un doc­teur de la voix. En près de 500 pages, avec un ton très acces­si­ble, il vul­garise pour le lecteur non expert toutes les ques­tions liées à la voix : l’anatomie, les mécan­ismes de pro­duc­tion de la voix, les mal­adies, les risques asso­ciés à la pra­tique. Il s’adresse aux chanteurs, acteurs, gens de radio, enseignants, à tout ceux qui tra­vail­lent avec leur voix. Plein de choses intéres­santes, qui aident à com­pren­dre des com­ment tra­vailler la voix : le mécan­isme lourd et le mécan­isme léger, la vari­a­tion de la voix au fil de la journée, de la vie, la manière de se plac­er pour bien exploiter sa voix… Voilà une référence intéres­sante, car la voix est un élé­ment impor­tant de la créa­tion sonore.

Guide de la théorie de la musique, Claude Abromont et Eugène de Montalembert (2001)

theorie-musique

Ce guide per­met à un néo­phyte comme moi d’avoir les points d’entrée théoriques sur ce qu’est la musique, depuis la con­struc­tion des notes jusqu’à l’écriture musi­cale, en pas­sant par les con­cepts de rythmes, durées, tonal­ités, accords, etc. J’aime par­ti­c­ulière­ment l’approche sci­en­tifique de la con­struc­tion du livre, qui fait écho à l’aspect très sci­en­tifique de la con­struc­tion de la musique.

Musiques contemporaines, perspectives analytiques, 1950 – 1985, Jean-Yves Bosseur et Pierre Michel (2007)

musique-contemporaine

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion d’interviewer Jean-Yves Bosseur lors de son pas­sage à Cler­mont-Fer­rand pour le fes­ti­val Musiques Démesurées. Directeur de recherche CNRS et com­pos­i­teur, il avait par­lé à mon micro de l’écriture de la musique… Le livre pro­posé ici par­court trente œuvres cen­trales dans l’histoire de la musique con­tem­po­raine, et pour cha­cune d’elles pro­pose quelques élé­ments de la par­ti­tion, et détaille l’objet de la pièce. Un peu loin de la créa­tion sonore, il con­stitue tout de même des élé­ments de réflex­ions sur les ques­tions de rythme, de struc­ture, d’écriture et de com­po­si­tion.

Les fous du son, Laurent de Wilde (2016)

fous-du-son

Il y a quelques mois, j’avais par­lé ici de ce livre, dans un bil­let con­sacré à la musique élec­tron­ique. Avant de lire ce livre, j’avais du mal à com­pren­dre ce qu’était un syn­thé­tiseur, pourquoi c’était un instru­ment intéres­sant, ce qu’il per­me­t­tait de pro­duire… Main­tenant, j’en ai un peu moins peur, jusqu’à l’intégrer dans une créa­tion sonore récente.

Et après…

Évidem­ment, lire c’est impor­tant, mais il faut écouter aus­si, et faire.

Suite aux con­seils de plusieurs amies, je suis en train d’écouter Grande tra­ver­sée : Women’s pow­er, les nou­veaux fémin­ismes, une série pro­posée cet été par Char­lotte Bien­aimé. Plus loin dans le spec­tre, j’écoute aus­si beau­coup Radio Mulot, une radio nan­taise, man­i­feste poé­tique. Beau­coup de belles propo­si­tions. On peut aus­si aller fureter sur le perce-oreilles, un site qui agrège plein de con­tenus…

En ce moment, je suis en train de réalis­er le deux­ième volet d’Inter­face, une fic­tion radio­phonique avec ma fille, et je com­mencerai bien­tôt l’habillage de Sen­sa­tion, la nou­velle émis­sion que je com­mence cette année avec Lise et Cécile. Que du bon !

Et puis je pré­pare avec une grande assiduité l’atelier que je vais co-ani­mer cette année avec les gens de Radio Cam­pus, pour le Ser­vice Uni­ver­sité Cul­ture : l’atelier balade sonore, avec un bel objec­tif de créa­tion sonore… Restez con­nec­tés !

Édit : la suite des lec­tures sur la créa­tion sonore, quelques semaines plus tard, à lire sur créa­tion sonore : con­tin­uons à lire.

Régler le pré-ampli de son enregistreur

Il y a eu un bon paquet de dis­cus­sions tech­niques à Utopie Sonore, notam­ment avec Serge aka Blast. L’une de nos dis­cus­sions a porté sur la qual­ité des pré-ampli dans les appareils tels que le zoom H4n ou le Tas­cam DR40. Pour peu qu’on le cou­ple avec un micro dynamique un peu vieux tel que le seinnheis­er MD 21, on se retrou­ve très vite avec du souf­fle (aus­si appelé bruit). Un léger par­a­site qui empêche d’entendre le silence, et qui nuit sou­vent à l’esthétique de la prise de son.

bruit

Par­mi les pistes évo­quées pen­dant nos dis­cus­sions pour réduire ce souf­fle, deux sem­blaient intéres­santes.

La stratégie du pré pré-ampli

La pre­mière con­siste à utilis­er un pré pré-ampli. Oui, ça fait bizarre comme ça, mais l’idée con­siste à plac­er avant l’enregistreur un petit amplifi­ca­teur tel que le Fet­Head Tri­tonau­dio ou le Cloudlifter CL-1, qui ampli­fient de 22dB le sig­nal en util­isant l’alimentation fan­tôme de l’enregistreur, et sem­blent être très plats. l’idée est d’éviter de trop sol­liciter le pré-ampli en le lais­sant dans sa zone « de con­fort ». On ren­con­tre sur inter­net quelques sites inter­net qui évo­quent cette idée. Bon, mais c’est un petit investisse­ment, alors n’y a-t-il pas autre chose de plus sim­ple à faire ?

La stratégie du -12dB

La description

Tou­jours d’après Serge, l’affichage des niveaux sur les enreg­istreurs numériques ne représente pas réelle­ment le niveau tel qu’on l’entend en analogique (c’est-à-dire n’est pas un VU-mètre), mais serait plutôt un Qua­si PPM, qui suiv­ant les normes aurait l’équivalent du zéro analogique plus proche du niveau de test, c’est-à-dire aux alen­tours de -12dB (voire plus bas d’après Serge). Au delà de cette valeur, les pré-ampli de ces petits appareils seraient sur-exploités.

Une piste pour réduire le souf­fle serait donc de ne pas pouss­er l’enregistreur jusqu’à 0dB, mais plutôt de le faire pla­fon­ner à -12dB, tout en enreg­is­trant avec une qual­ité numérique élevée (wav à 24 bits). Il suf­fi­rait ensuite d’utiliser une nor­mal­i­sa­tion numérique afin de retrou­ver un niveau de voix cor­recte, sans pour autant per­dre trop de détails. Pen­dant les dis­cus­sions, on a tout de même évo­qué le prob­lème du casque de mon­i­tor­ing, qui devient qua­si­ment inutil­is­able, car le son enreg­istré est très faible. Là encore, la sug­ges­tion serait d’utiliser un casque avec une faible impé­dance, comme un casque de smart­phone…

Les tests

Je me suis dit que c’était quelque chose de facile à tester. Il suf­fit en effet de faire deux enreg­istrements dis­tincts (l’un à 0dB, l’autre à -12dB), puis de com­par­er les deux. Dans l’idéal, on devrait enreg­istr­er exacte­ment la même chose pour faciliter la com­para­i­son. Alors j’ai pris mon enreg­istreur et mon micro, je les ai instal­lés face à une enceinte de mon­i­tor­ing, et j’ai joué deux fois de suite le même son…

J’ai alors récupéré les deux sons, puis je les ai nor­mal­isés, et j’ai ensuite écouté et regardé le spec­tre des deux enreg­istrements pour ten­ter de les dif­férenci­er.

normalisation préampli_captation -2dB.wavnormalisation préampli_captation -18dB.wav

Spec­tres des enreg­istrements à com­par­er

Dans l’ordre : avec le pré-ampli à -2dB, avec le pré-ampli à -18dB

Les spec­tro­grammes ne per­me­t­tent pas de dif­férenci­er les deux enreg­istrements… Je mets ici aus­si pour com­para­i­son les deux fichiers (con­ver­tis en mp3) pour une com­para­i­son à l’oreille :


À l’oreille aus­si, il est dif­fi­cile de dis­tinguer les deux enreg­istrements. En con­clu­sion, la dif­férence entre les deux enreg­istrements n’a pas été per­cep­ti­ble dans mon cas de test. Peut-être est-ce dû au bruit ambiant (les enceintes ont un tout petit souf­fle). À rées­say­er dans d’autres con­di­tions donc, peut-être avec une voix en direct…

La présidentielle n’aura pas lieu

Il y a quelques jours, nous étions à Utopie Sonore avec Noémie et Théo de Radio Cam­pus. Pen­dant cette ren­con­tre, les organ­isa­teurs avaient prévu des dis­cus­sions et des échanges, mais aus­si pré­paré quelques défis à la créa­tion. C’est ain­si qu’en arrivant nous avons décou­vert l’invitation à créa­tion inti­t­ulée la prési­den­tielle n’aura pas lieu, qu’ils décrivaient ain­si :

Sous ce titre et en échos à la propo­si­tion lit­téraire de Lun­di Matin, con­stru­ire de petites cap­sules fic­tion­nelles, d’anticipation, dis­cur­sives ou juste vénères. En matières préal­ables, vous dis­posez des rush­es des par­tic­i­pants ayant enreg­istré pen­dant le mou­ve­ment du print­emps. Les fichiers-matière sont courts (quinze min­utes max­i­mum) et explicite­ment nom­més.
Les cap­sules prési­den­tielles ne devront idéale­ment pas dépass­er les dix min­utes. En fin de réal­i­sa­tion, elles seront notam­ment pro­posées à Radio Cayenne pour une dif­fu­sion Place du Bouf­fay, à Nantes (pen­dant l’Université d’été des luttes).

Proposition initiale

Le top départ a été lancé 24 heures avant la resti­tu­tion, mais nous étions tous telle­ment pris dans les ate­liers et ren­con­tres que c’est quelques heures avant l’heure fatidique que nous nous sommes lancés dans la créa­tion. Noémie a tra­vail­lé de son côté avec une amie pour réalis­er sa réponse à la con­trainte.

Microkorg

Avec Théo, nous avons aus­si décidé de répon­dre à l’appel. Dès le début, nous avions envie de plac­er notre créa­tion en con­tre­point de la con­trainte. Nous n’avons donc pas util­isé la banque de sons pro­posée, mais avons plutôt pris du temps pour con­stru­ire nos pro­pres sons, en enreg­is­trant dif­férentes tex­tures et matières. Nous avons bien sûr inté­gré le for­mi­da­ble larsen micro-con­tact dans notre créa­tion, mais c’est je crois la décou­verte d’un MicroKO­RG qui a le plus ali­men­té notre créa­tion. Ajoutez à ça un micro seinnheis­er MD 21 sat­uré à out­rance, et notre com­po­si­tion était prête.

Dans notre propo­si­tion, l’état d’urgence est guidé par des intérêts financiers, et les citoyens sont invités à marcher au pas, à se goin­fr­er de friv­o­lité.

(télécharg­er la ver­sion stu­dio)

Le soir même, cette pièce de 2mn21 a été dif­fusée en intro­duc­tion des autres propo­si­tions. L’originalité de sa forme réson­nait comme un générique de début à cette série de dif­fu­sions.

Version live

nanoKontrol2

Et puis le lende­main matin, pen­dant le petit déje­uner, on réfléchis­sait avec Théo à ce que nous allions pro­pos­er à l’antenne de Radio Fri­t­ure. Il n’a pas fal­lut atten­dre longtemps pour que l’on se décide à rejouer la pièce en live, avec le MicroKO­RG et le seinnheis­er MD 21 pour les sons en direct, et un con­trôleur midi pour rejouer les sons enreg­istrés.

Il faut dire que les copains de Fri­t­ure sont des gens bien gen­tils, parce qu’ils ont tout de suite accep­té notre propo­si­tion. On a donc passé une ou deux heures à pré­par­er nos out­ils et à révis­er notre set. On avait tout de même prévu une par­ti­tion pour ne pas par­tir dans tous les sens…

Au final, on a un peu fait évoluer la pièce pour le live, et on l’a un peu ral­longée, mais l’esprit est resté le même, et on s’est vrai­ment éclatés !

(télécharg­er le live)

presidentielle

Mes projets radiophoniques

Je prof­ite de ce bil­let pour gliss­er un lien vers le site où je regroupe toutes mes créa­tions radio­phoniques. On y retrou­ve notam­ment notre ver­sion de la prési­den­tielle n’aura pas lieu, dans ses deux ver­sions.

Fabriquer son micro contact

En arrivant à Utopie Sonore, j’avais dans mes valis­es un peu de matériel, pour impro­vis­er des ate­liers autour du fait main et de l’expérimentation. Je ne savais pas si ça allait intéress­er des gens, alors je n’avais rien annon­cé en amont de l’événement. Pen­dant la réu­nion de présen­ta­tion, j’ai tout de même évo­qué les deux idées que j’apportais : la réal­i­sa­tion de bon­nettes de micro, et l’expérimentation autour de micro con­tacts, ou dis­ques pié­zo-élec­triques.

Et bien il faut le dire, les deux ate­liers ont plutôt bien marché : j’ai écoulé tout mon stock de tis­su, et au moins 8 par­tic­i­pants sont repar­tis avec des bon­nettes.

fabrication de bonnettes
capteurpiezo

Les bon­nettes, j’en avais déjà fait, mais jouer avec un micro con­tact, c’était la pre­mière fois. Pour faire sim­ple, il s’agit d’utiliser un petit disque d’un matéri­au un peu spé­cial, qui trans­forme les vibra­tions en courant élec­trique. En col­lant la pastille sur une sur­face, on récupère donc ses vibra­tions, et on en fait du son. Un jou­et idéal pour bidouilleurs de son, d’autant que ça coûte moins d’un euro !

Et pour com­pléter cette pre­mière idée, une par­tic­i­pante d’Utopie Sonore a évo­qué dans sa présen­ta­tion l’enceinte qu’elle avait amenée : une enceinte sans mem­brane, mais qui trans­forme n’importe quel objet en un haut-par­leur.

Rock R2

Et comme j’étais avec Théo, le bidouilleur fou de Radio Cam­pus Cler­mont-Fer­rand, on s’est très vite demandés : peut-on faire un larsen avec un micro con­tact et une enceinte de son par vibra­tion ? Il ne fal­lait pas plus pour ini­ti­er un ate­lier impro­visé…

soudure

Nous avons donc démar­ré un ate­lier soudure, pour assem­bler une prise XLR, un câble blindé audio et un con­tact pié­zoélec­trique. Après quelques brico­lages, et à l’aide d’un enreg­istreur, nous avons ain­si assem­blé l’enceinte et le micro-con­tact, puis nous nous sommes pré­cip­ités sur la cuve métallique aban­don­née der­rière la mai­son de Geneviève… Et nous avons obtenu très vite la réponse : oui, on peut faire un larsen avec ce mon­tage ! Et il est beau en plus ! L’enregistreur que nous avons util­isé a quelques prob­lèmes de par­a­sites dans la prise, donc le son n’est pas pur, mais je vous laisse tout de même y jeter une oreille…

Ce qui est par­ti­c­ulière­ment amu­sant avec ce larsen, c’est que même si on approche émet­teur et récep­teur, il ne part pas dans des niveaux de vol­umes à tout cass­er : il reste sta­ble… On peut donc jouer très facile­ment avec !

On était telle­ment fiers de notre per­for­mance qu’on est allés le racon­ter au micro de Radio Fri­t­ure, une super radio itinérante qui a posé ses micros à Utopie Sonore pen­dant tout le week-end. On leur a même refait un larsen en direct en util­isant une petite boîte en métal comme caisse de réso­nance…

Radio Cousue Main

Le week-end dernier, c’était Utopie Sonore. J’arrive tout juste à m’en remet­tre en reprenant une vie nor­male.

Le pre­mier ate­lier auquel j’ai par­ticipé, c’est celui pro­posé par les gens de l’émission Radio Cousue Main. Le principe est sim­ple : un unique micro mono, et plein de gens, vous avez vingt min­utes. L’équipe qui réalise l’émission organ­ise régulière­ment des per­for­mances où ils accueil­lent des néo­phytes comme nous l’étions au début du week-end. Ils nous ont donc fait pra­ti­quer quelques tech­niques, observ­er et con­stater que l’on pou­vait jouer avec la dis­tance pour créer des plans dif­férents, tra­vailler des tex­tures sonores, utilis­er une direc­tion à la manière d’un chef d’orchestre, ou encore jouer avec le silence. Bref, tout ce qu’on fait à la radio ou avec un logi­ciel de mon­tage, mais en direct, et sans aucun appareil élec­trique (excep­té le micro).

Pen­dant deux péri­odes de deux heures, nous avons donc expéri­men­té, en séparant le groupe de trente en plusieurs petits groupes, les uns devant le micro, les autres devant l’enceinte de resti­tu­tion…

14086408_10153620650036537_2516013962440752673_o

Et puis petit à petit une propo­si­tion s’est cristallisée, et le soir de la représen­ta­tion, nous étions prêts. Un enreg­is­teur traî­nait dans un coin, l’occasion pour vous d’écouter la per­for­mance, qui com­por­tait aus­si un aspect de mise en scène, dif­fi­cile­ment per­cep­ti­ble ici.


(télécharg­er la per­for­mance)

Nor­male­ment, vous m’avez recon­nu dans le solo de la goutte d’eau, mais je ne joue pas que ça, hein !

Utopie Sonore 2016

Le week-end dernier, nous avons pris la route avec Noémie et Théo en direc­tion du Maine-et-Loire pour par­ticiper à Utopie Sonore, un rassem­ble­ment pro­posé par le col­lec­tif Bruitagène. Pen­dant ces trois jours, nous avons ren­con­tré près de cent fon­dus de créa­tion radio­phonique.

Utopie Sonore

Ces trois jours ont été absol­u­ment for­mi­da­bles. Tous les ingré­di­ents d’un événe­ment réus­si étaient réu­nis.

Tout d’abord, un lieu for­mi­da­ble, la Cour des Aulnays, où Geneviève insuf­fle une sérénité et une prox­im­ité à la nature et aux ani­maux. On aime vivre au rythme de cet anci­enne métairie, pren­dre le temps de flân­er autour du lac, aller enreg­istr­er le cri des poules et du cochon, touch­er les vieilles pier­res, marcher pied nu sur les sols bat­tus, pren­dre son temps dans les anci­ennes éta­bles, au frais…

14138197_10153620641836537_8257678815635974404_o

Il y a eu bien sûr une équipe organ­isatrice au top, qui mal­gré l’afflux de par­tic­i­pants (90 per­son­nes au lieu des 50 prévues ini­tiale­ment) a su organ­is­er les choses et inviter les par­tic­i­pants à met­tre la main à l’ouvrage : toi­lettes sèch­es, douch­es à l’eau du puits avec une superbe logis­tique d’alimentation, des repas végé­tariens pour respecter l’influence anti­spé­ciste du lieu, des instal­la­tions de dif­fu­sion de son, et logis­tique pour assur­er tout ça…

Au delà d’un lieu de vie col­lec­tive, les trois jours ont été l’occasion d’échanger autour de nos pra­tiques de créa­tion sonore. Les par­tic­i­pants avaient tous une rela­tion pro­pre à la ques­tion, et toutes les dis­cus­sions ont été pas­sion­nantes : ques­tion­nements tech­niques, approches de la réal­i­sa­tion, échanges autour des fes­ti­vals et lieux de dif­fu­sion, des écoutes de l’année, ébauch­es d’outils et échanges d’idées pour amélior­er la dif­fu­sion de ces œuvres… Tout cela s’est passé pen­dant les moments prévus au pro­gramme, mais aus­si pen­dant des dis­cus­sions informelles, ou pen­dant des ren­con­tres spon­tanées.

un repas végétarien

Un autre aspect impor­tant de ces ren­con­tres a été l’échange de savoir-faire lors d’ateliers et de dis­cus­sions annon­cées au pro­gramme. Il y en avait pour tous, et ce que j’ai énor­mé­ment appré­cié, c’est la lib­erté offerte à cha­cun et cha­cune de par­ticiper suiv­ant ses envies : aucune pres­sion, aucune con­trainte, et une masse incroy­ables de belles envies…

des micros pendant une émission de radio

une captation

Et puis une telle ren­con­tre ne serait rien sans la réal­i­sa­tion de créa­tions sonores. Plusieurs défis avaient été lancés, qui ont été tous relevés par les par­tic­i­pants. Je prendrai le temps dans quelques prochains bil­lets sur ce blog d’en dire un peu plus sur ce qu’on a pu y faire. J’ai aus­si col­lec­té quelques liens récoltés au fil des dis­cus­sions du week-end, que j’ai classé dans mon out­il de signets en ligne.

Edit : vous pou­vez déjà lire les bil­lets suiv­ants au sujet d’Utopie Sonore :

Mer­ci à Dom pour toutes les pho­tos qui ponctuent ce bil­let, et que l’on peut retrou­ver sur le site de Bruitagène, dans la par­tie resti­tu­tion d’Utopie Sonore.