676, le livre

Le mer­cre­di 25 mars 2009 est sor­ti en librairie « 676 » de Yan Gérard. Ce mer­cre­di, donc, je me suis pré­cip­ité en librairie pour acquérir un exem­plaire de ce roman. C’était la pre­mière fois que je pous­sais la porte d’un libraire le jour d’une sor­tie nationale, et je pen­sais naïve­ment que le roman serait déjà dans les rayons. La librairie que j’avais choisi ne fait pas par­tie d’une grande chaîne nationale, et on m’a répon­du qu’il fal­lait atten­dre quelques jours. Ce n’est donc que ven­dre­di soir que j’ai pu me jeter dans la lec­ture de « 676 ».

Couverture 676
Vous allez me dire, pourquoi tant de pré­cip­i­ta­tion, et pourquoi cet achat, alors que j’avais défendu ici il y a quelques temps ma préférence pour les bib­lio­thèques publiques. La rai­son en est toute sim­ple : l’auteur de ce thriller math­é­ma­tique ne m’est pas incon­nu, et depuis quelques années que je suis au LIMOS, nous avons eu l’occasion de nous ren­con­tr­er à de nom­breuses repris­es. Je ne pou­vais pas atten­dre plus longtemps…

En quelques mots, ce roman est un thriller ryth­mé et pas­sion­nant, où les math­é­ma­tiques sont au cœur de l’intrigue. On y décou­vre ain­si une par­tie de l’histoire des grandes énigmes math­é­ma­tiques et des grands hommes qui les ont explorées, mais aus­si toute une dimen­sion ésotérique qui rend le roman d’autant plus trép­i­dant. L’intrigue tient en haleine, et les pas­sages his­toriques et sci­en­tifiques ne nuisent en rien à son rythme, au con­traire. L’enquête mène le lecteur à tra­vers plusieurs villes des États-Unis et d’Europe, on a du mal à lâch­er le livre, les scènes s’enchaînent, nous faisant par­fois oubli­er qu’il ne s’agit pas d’un film tant le style et la struc­ture y font penser.

N’hésitez pas à vis­iter le site inter­net dédié au roman. Je vous invite vrai­ment à le lire, que vous soyez ou non attiré par les math­é­ma­tiques, car si c’est un élé­ment impor­tant du con­texte, il n’est pas néces­saire de maîtris­er cette sci­ence pour appréci­er le roman.

  • « 676 », de Yan Gérard, aux édi­tions Léo Scheer.

Un wiki au quotidien

Depuis décem­bre 2005, c’est-à-dire qua­si­ment depuis le début de mon pré-doc à l’ERIM, j’u­tilise au quo­ti­di­en un wiki pour con­sign­er et struc­tur­er mes dif­férentes activ­ités pro­fes­sion­nelles.

Les débuts étaient un peu chao­tiques, mais j’ai pris une bonne vitesse de croisière. Ain­si, je décris chaque jour en quelques lignes mon activ­ité, qui con­stitue la trame de ma pro­gres­sion au quo­ti­di­en, un peu à la manière d’un blog. Puis j’ai petit à petit créé une nébuleuse de pages, reliées les unes entre les autres pour faciliter la nav­i­ga­tion, et struc­turées par grandes caté­gories (recherch­es bib­li­ographiques, rédac­tion d’ar­ti­cles, réflex­ions sur les con­cepts en cours d’élab­o­ra­tion, etc.).

Cette manière de fonc­tion­ner a de mul­ti­ples intérêts :

  • Dis­pos­er d’un aide-mémoire com­plet, struc­turé, non linéaire (car inter­con­nec­té), et inter­ro­ge­able à l’aide d’une fonc­tion de recherche depuis n’im­porte où sur inter­net (voir en local après avoir fait une copie) ;
  • Pos­er et struc­tur­er en un même endroit les tâch­es à faire, les réu­nions à venir, leurs comptes-ren­dus ;
  • Per­me­t­tre le tra­vail col­lab­o­ratif, notam­ment lors de la rédac­tion d’un arti­cle ;
  • Faciliter grande­ment l’in­ter­ac­tion entre le doc­tor­ant et le directeur de thèse. En effet, ce dernier peut suiv­re quo­ti­di­en­nement les avancées, et les réu­nions devi­en­nent très effi­caces, car on évite de faire le tour des choses déjà écrites.
  • Ren­dre acces­si­ble (en util­isant un sys­tème de con­trôle d’ac­cès) une par­tie des don­nées suiv­ant le type de vis­i­teur.

J’ai déjà eu l’oc­ca­sion de présen­ter à plusieurs doc­tor­ants cet out­il, et déjà deux d’en­tre eux ont adop­té un sys­tème sim­i­laire pour struc­tur­er leurs travaux.

Lorsque j’ai démar­ré, j’avais choisi d’u­tilis­er wiki­ni, car c’é­tait le moteur de wiki que je con­nais­sais le mieux. Cepen­dant après quelques années d’u­til­i­sa­tion, alors que j’avais envie de lui ajouter de nou­velles fonc­tion­nal­ités, j’ai con­staté ce que je savais déjà : cet out­il n’é­tait plus dévelop­pé active­ment. J’ai donc décidé de migré mon wiki de tra­vail sur dokuwi­ki.

Après une recherche rapi­de sur inter­net, j’ai décou­vert avec amuse­ment que Gul­liv­er, le GULL ren­nais était en train de faire le même type de migra­tion, et avait entre­pris de réalis­er un out­il de migra­tion. J’ai alors prof­ité du fait qu’ils l’avaient placé sous licence libre pour l’adapter à mes besoins, puis j’ai envoyé au main­teneur mes con­tri­bu­tions, qu’il a inté­gré (voir le dépôt de l’outil de migra­tion ; encore mer­ci aux gens de Gul­liv­er qui ont tra­vail­lé sur ce script).

J’ai ensuite réal­isé un thème adap­té à mes envies, puis créé un petit mod­ule de grise­ment de texte.

Voici donc un lien vers mon wiki de thèse, qui devien­dra cer­taine­ment le wiki de mes travaux uni­ver­si­taires.

EuroCG’09, Bruxelles, Belgique

Au début de cette semaine, j’é­tais à EuroCG’09, une con­férence en com­pu­ta­tion­al geom­e­try, où je présen­tais deux arti­cles (Low-res­o­lu­tion Sur­face Map­ping : a Topo­log­i­cal and Geo­met­ri­cal Approach et Cut­ting an Organ­ic Sur­face) qui trait­ent du découpage de sur­faces suiv­ant des pro­priétés topologiques et géométriques. La con­férence se déroulait à l’U­ni­ver­sité Libre de Brux­elles, en Bel­gique.

Bruxelles

J’ai ain­si décou­vert pen­dant quelques jours cette ville cos­mopo­lite, col­orée et où les gens m’ont sem­blé très sym­pa­thiques. Pen­dant la con­férence, j’ai eu l’oc­ca­sion d’échang­er avec de nom­breux chercheurs et appren­tis chercheurs, c’é­tait réelle­ment pas­sion­nant. C’é­tait aus­si l’oc­ca­sion pour moi de pour­suiv­re dif­férentes dis­cus­sions afin de déter­min­er le lieu de mon année de post-doc 2009/2010. Rien n’est encore fait, mais ça pro­gresse…

Hadopi : loi liberticide

« On » vient de trou­ver une méth­ode géniale pour empêch­er à jamais les com­porte­ments illé­gaux. Aujour­d’hui vient de com­mencer un débat à l’Assem­blée Nationale pour impos­er à chaque auto­mo­biliste d’équiper son véhicule d’un GPS. Ce dernier enver­ra à chaque instant un iden­ti­fi­ant unique et une trace de sa posi­tion à une entre­prise man­datée par l’É­tat. Dès lors qu’une infrac­tion sera com­mise, on utilis­era ces infor­ma­tions pour déter­min­er qui est le coupable. La pre­mière mesure, automa­tique, sera de déclencher un mécan­isme d’ar­rêt des auto­mo­biles iden­ti­fiées par ce mécan­isme dans un proche voisi­nage.

Chou­ette comme idée, non ? Bon, ça fera pas mal de faux posi­tifs, on con­naît même dès à présent des moyens tech­niques pour ne pas envoy­er les bons iden­ti­fi­ants, faisant ain­si pass­er Hen­ri, ce voisin insup­port­able, pour l’au­teur de notre éventuel méfait. Et la lib­erté indi­vidu­elle dans tout ça ? Ah mais vous par­lez de lib­erté, alors qu’on va pou­voir arrêter des mil­liers d’hor­ri­bles crim­inels ? Soyez mod­ernes, que dia­ble, c’est pour le bien de tous !

Cette his­toire n’est pas vrai­ment de la sci­ence-fic­tion. J’ai juste rem­placé ordi­na­teur et con­nex­ion inter­net par auto­mo­bile, et sub­sti­tué GPS à pro­gramme mouchard. Vous l’au­rez com­pris, pour répon­dre au télécharge­ment illé­gal d’œu­vres par inter­net, la solu­tion pro­posée (et en passe d’être votée) con­siste à impos­er sur chaque ordi­na­teur la présence d’un mouchard. En cas de détec­tion d’un « piratage » depuis votre con­nex­ion, on blo­quera votre con­nex­ion.

HADOPI - Le Net en France : black-out

Cela pose dans la pra­tique de nom­breux prob­lèmes. D’une part, il n’est pas impos­si­ble de faire pass­er son ordi­na­teur pour celui de quelqu’un d’autre. Plus sim­ple, on peut pirater la con­nex­ion wifi disponible chez lui. Ain­si, celui qui sera suff­isam­ment motivé pour con­tourn­er le fli­quage fera porter à quelqu’un d’autre le cha­peau. Ce dernier sera alors pré­sumé coupable, et devra après une longue procé­dure judi­cière prou­ver son inno­cence avant de pou­voir retrou­ver sa con­nex­ion inter­net.

Belle avancée, non ! Quel beau pays que celui où nous vivons, ça fait chaud au cœur.

Pour plus d’in­for­ma­tion, je vous invite à con­sul­ter le site laquadrature.net.