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Archive pour février 2009

Financer les destructeurs de planète

Mardi 24 février 2009

Pollution

Il semble que la nouvelle mode gouvernementale en terme de « relance économique » (comme on dit) soit à la subvention de tous les domaines qui contribuent massivement à la pollution. On savait déjà que le grenelle de l’environnement était une vaste fumisterie, on avait apprécié les subventions étatiques aux fabriquants de véhicules individuels. Pouvait-on faire difficilement plus illogique ?

Et bien oui, sans problème. La nouvelle politique agricole décidée cette semaine consiste à choisir les productions agricoles les plus coûteuses pour la planète — l’élevage — et à multiplier par deux ou trois leurs subventions, tout en réduisant celles destinées aux céréaliers par exemple. Chouette idée ! C’est vrai, les nappe phréatiques n’étaient pas assez polluées, la surconsommation d’eau n’était pas suffisante (100 000 litres d’eau pour produire un kilogramme de viande de vache), les surfaces cultivables réquisitionnées pour l’élevage et l’alimentation de ces animaux n’était pas assez importante.

Une petite pensée pour nos enfants, à qui on va laisser une chouette planète… Tiens d’ailleurs, si on relançait la politique de natalité, après tout, la croissance de la population n’est qu’exponentielle !

Actualité de l’Université

Dimanche 22 février 2009

La coordination nationale des universités s’est réunie le 20 février pour continuer à structurer et à coordonner les efforts d’information et de lutte contre un ensemble de réformes destructrices. Le sujet est complexe, et l’on est encore une fois confronté à la langue de bois et aux contre-vérités du gouvernement de la nation. Pour exemple, une petite analyse en images du discours du 22 janvier, qui a crystalisé les réactions (désolé pour le format propriétaire, je n’ai pas trouvé un lien plus accessible) :

Si vous souhaitez survoler l’actualité sur la question, je viens d’ajouter à mon wiki de travail professionnel une page regroupant les dernières publications en ligne, et s’appuyant sur les flux RSS (la mise à jour est donc automatique) : actualités universités.

Feux piétons

Mercredi 11 février 2009

La pyramide des âges dans nos contrées est en train de s’inverser. Nos amis les gens du quatrième âge sont de plus en plus nombreux. Et on ne peut pas dire qu’avec l’âge, on gagne en vivacité. Aussi la population des gens à mobilité réduite va probablement voir sa croissance se poursuivre à un bon train.

Feux piétonsIl va donc être de plus en plus fréquent d’assister à cette scène ô combien triste d’une de ces personnes à mobilité réduite, qui alors qu’elle n’est rendue qu’au premier tiers de sa traversée de la chaussée, se trouve soudain prise au dépourvu par un feu passant au rouge. Et immanquablement, les automobilistes des environs ne manqueront pas d’exprimer leur incontournable impatience doublée de mauvaise humeur en faisant ronfler leurs moteurs.

Pourtant, il existe de nombreuses solutions simples qui permettraient de réduire la fréquence de ces moments de stress. Au Brésil, j’avais vu un feu piéton équipé d’un compte à rebours avant le passage au rouge. On peut aussi imaginer des solutions sonores. Mais plus surprenant, quand j’étais enfant, il existait déjà une solution, et elle était utilisée partout ! Ne vous rappelez-vous pas que dans les années 80, les feux piétons verts étaient clignotants lorsque le passage au rouge est proche ? C’était super pratique, simple, efficace.

Voici donc la question à 2 centimes : pourquoi les feux piétons d’aujourd’hui ne disposent plus d’un tel mécanisme ?

Mise à mort de l’Université

Samedi 7 février 2009

Lentement, depuis plusieurs années, on rappelait aux personnels de l’Université que vraiment, ils n’étaient pas productifs, qu’une telle structure devait être gérée comme une entreprise, que la rentabilité est quelque chose d’essentiel, qu’ils ne sont qu’un gros tas de vieux dinosaures qui ne font rien que se la couler douce, que l’état de la recherche française est pathétique, etc.

Bien sûr, ce n’était pas aussi direct que ça, on faisait changer les choses à petit coups de lois et de réformes, pas à pas, doucement. À vrai dire, dans chacune de ces réformes, il y avait des choses intéressantes, qui laissaient présager que si c’était géré intelligemment, ça allait amener l’Université vers quelque chose de plus intéressant. Pour la masse des décisions insupportables et intolérables, on apprenait chaque fois à faire avec, en se disant : « on a échappé à quelque chose de terrible, contentons-nous de ça », un peu à la manière de ce texte de Martin Niemöller

La dernière loi sur le sujet a été passée en douce à l’assemblée en plein été 2007, la fameuse loi LRU sur l’indépendance des Universités. Fini l’égalitarisme sur tout le territoire, finies la justice et la logique universitaire dans les recrutements des personnels. Place au cas par cas, à la rentabilité immédiate, ouvrons grand la porte aux industriels pour qu’ils guident les orientations de la recherche. Fini le contre-pouvoir, le creuset d’idées innovantes, de recherche à long terme, de solidarité. Mais voilà, « dans le monde actuel, mon petit monsieur, il n’est pas acceptable de payer des gens à réfléchir sur des trucs inutiles dans les 5 ans », surtout qu’ils embrigadent tous nos jeunes désœuvrés, ceux qui ne sont même pas capables d’aller en prépa, et de faire une école d’ingénieur, mon petit monsieur…

On a bien essayé d’en parler à tous, mais personne n’y prêtait réellement attention, comme d’habitude, chacun à l’Université espérait qu’individuellement il s’en sortirait.

Depuis cette date, les universités, suivant leurs couleurs politiques, ont doucement commencé à choisir l’autonomie de leur gestion. On a continué à annoncer en plus haut lieu que la recherche française était peu performante (sans rappeler des choses simples comme le manque d’engagement financier de l’état comparé aux exemples de pays cités comme exemples), on a annoncé la restructuration-démentellement des laboratoires nationaux comme le CNRS.

Et soudain, la déferlante d’annonces et de projets de décrets :

L’Université va mal, les décisions récentes ont été prises unilatéralement en haut lieu. Aucune réflexion ne semble guider ça, si ce n’est la réduction des moyens financiers, et la libéralisation du fonctionnement d’un organisme qui était à la fois un service public et le garant d’un certain contre-pouvoir.

Et pour couronner le tout, le président de la République a prononcé le 22 janvier un discours adressé aux universités où il a été méprisant voire insultant envers l’ensemble des acteurs de la recherche nationale (on pourra consulter ces quelques liens qui donnent une idée du ressenti après ce discours).

Si nous ne réagissons pas, les principes même de l’Université vont disparaître dans les mois à venir, par des choix de gestion ne conservant que les pires idées des exemples anglo-saxons, et réduisant à néant l’espoir de voir en France une recherche fondamentale et indépendante, ainsi qu’un service public d’enseignement supérieur démocratique et de qualité.

De nombreuses universités sont donc en grêve illimitée depuis quelques jours, tentant d’informer à la fois la société et les étudiants sur l’avenir d’un organisme qu’on détruit. La coordination nationale des universités a donc voté le 2 février 2009 plusieurs motions, dont une manifestation nationale le 10 février 2009 pour tenter de raisonner les décisions inconscientes prises récemment.

Sauvons l’Université, la recherche, et l’enseignement de demain !