Typographie

Êtes-vous de ceux qui aiment utilis­er des majus­cules accen­tuées ? Aimez-vous met­tre un espace avant un car­ac­tère « : » ? Voire même com­pos­er une espace devant les dou­bles ponc­tu­a­tions ? Que pensez-vous de la forme abrégée « Mr » pour mon­sieur ? Utilisez-vous le car­ac­tère « œ » ?

Pour ma part, je cul­tive un cer­tain intérêt pour la typogra­phie et l’ortho­ty­pogra­phie. C’est-à-dire pour l’art qui con­siste à com­pos­er à l’aide de car­ac­tères un doc­u­ment, en respec­tant les règles en rigueur, aus­si bien en terme de car­ac­tères à utilis­er, qu’en terme d’abrévi­a­tions, ou encore d’orthographe.

J’avais l’im­pres­sion jusqu’à présent d’être un peu seul à porter un intérêt à cette chose. J’avais repéré quelques ressources intéres­santes disponibles sur la toile. Et puis en dis­cu­tant de ces ques­tions à droite ou à gauche, j’ai remar­qué que pas mal de monde s’y intéres­sait, depuis les fans de la neti­quette jusqu’aux pro­fesseurs de français, et d’une manière plus large aux amoureux de beaux livres.

Aus­si je vous pro­pose ici une courte sélec­tion de liens et doc­u­ments, afin d’en faciliter l’ex­plo­ration, notam­ment en apprenant à maîtris­er un vocab­u­laire spé­ci­fique riche et par­fois déroutant :

  • Petites leçons de typogra­phie de Jacques André est un recueil très com­plet et acces­si­ble sur les règles typographiques français­es. Son gros avan­tage est d’être péd­a­gogique, et d’aider le débu­tant à décou­vrir cet univers ;
  • Lex­ique des règles typographiques en usage à l’Im­primerie nationale, Paris : Imprimerie nationale est un doc­u­ment de référence, au con­tenu net­te­ment plus pointu que les leçons de Jacques André, mais qui pro­pose l’a­van­tage d’une présen­ta­tion en ordre alphabé­tique qui le rend très facile­ment con­sultable ;
  • Le Typographe est un site inter­net qui traite de l’ac­tu­al­ité de la typogra­phie et des fontes ;
  • irisa-typogra­phie est une liste de dis­cus­sion autour des ques­tions de typogra­phie, où l’on pour­ra trou­ver des con­seils et ren­seigne­ments poin­tus sur la ques­tion.

Un mot qui manque

Dans son roman 1984, George Orwell présen­tait un monde total­i­taire où la lib­erté de penser était bridée par l’ap­pau­vrisse­ment de la langue. En effet, dif­fi­cile par­fois d’ex­primer quelque chose qu’on a à l’e­sprit, et pour lequel aucun mot ou expres­sion n’ex­iste. On peut l’ex­pli­quer par com­para­i­son, mais c’est sou­vent com­pliqué, ça implique une gym­nas­tique de la langue et de l’e­sprit qui nuit à la com­mu­ni­ca­tion.

Il existe ain­si un mot dont j’ai voulu me servir plusieurs fois, mais qui n’ex­iste pas en français. Après en avoir dis­cuté avec une amie alle­mande, il sem­ble qu’en alle­mand non plus il n’ex­iste pas. Je vais donc procéder par com­para­i­son pour le décrire ici, et j’e­spère qu’un lecteur saura pro­pos­er un mot cor­re­spon­dant à cette idée.

Beau­coup de mots per­me­t­tent de décrire l’idée que l’on fait la dif­férence entre deux indi­vidus suiv­ant une de leur car­ac­téris­tique. Par exem­ple, le sex­isme est le fait de con­sid­ér­er dif­férem­ment deux per­son­nes suiv­ant leur sexe, le racisme suiv­ant l’o­rig­ine de l’in­di­vidu, etc. Pour ces dif­férentes idées, il existe bien sûr des mots qui per­me­t­tent de décrire, de manière plus pré­cise, non que l’on fait une dif­férence entre deux états pos­si­bles, mais qu’on en favorise claire­ment un. Ain­si, la mysoginie est le fait de man­i­fester un dédain ou une hos­til­ité envers les femmes. Ce mot se place à un niveau dif­férent de sex­isme.

Or, en ce qui con­cerne les préférences sex­uelles, on dis­pose du mot homo­pho­bie qui décrit une hos­til­ité envers les homo­sex­uels. On peut plac­er ce mot sur le même plan logique que la mysoginie : priv­ilégi­er un état entre deux.

Mais (et c’est là que je veux en venir), il n’ex­iste pas de mot qui serait à sex­isme ce qu’ho­mo­pho­bie est à misog­y­nie.

Certes, la grande majorité des discim­i­na­tions sur des per­son­nes suiv­ant leur choix sex­uel le sont à l’en­con­tre d’ho­mo­sex­uels. Pour­tant, qu’en est-il des bisex­uels ? Et si un hétéro­sex­uel se fait refuser un emploi dans un étab­lisse­ment à fréquen­ta­tion homo­sex­uelle, il n’a pas été l’ob­jet d’un traite­ment homo­phobe. On dira sans doute hétéro­phobe. Le générique d’ho­mo­phobe, hétéro­phobe et biphobe (?) n’ex­iste pas, c’est l’idée de ce bil­let.

Je trou­ve ça fou, pas vous ?