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Archive pour juin 2006

Un pas de plus vers la liberté

Mercredi 28 juin 2006

Quand j’ai découvert en 1999/2000 qu’un navigateur libre commençait enfin à être utilisable, j’étais vraiment impatient. Cela faisait déjà quelques temps que je souhaitais utiliser au maximum des logiciels libres. J’avais naturellement équipé mon premier ordinateur du système d’exploitation GNU/Linux, et à la fac, nous rebootions nos machines sous GNU/Linux à chaque arrivée dans les salles de TP. Mais voilà, il n’existait pas de navigateur libre digne de ce nom. L’arrivée de Mozilla fut donc un vrai bol d’air. Et ses promesses techniques annonçaient un futur intéressant pour la démocratisation du Logiciel Libre.

C’est ainsi que petit à petit, ce logiciel a grandit en fiabilité, puis en popularité. J’ai utilisé rapidement la suite mail+navigateur que proposait Mozilla. Puis j’ai suivi la dance, et quand Firefox est arrivé, offrant une nouvelle jeunesse au mastodonte, je l’ai utilisé, à côté de thunderbird pour les mails.

Mais si la libération du code source par Netscape avait été une bonne chose, je n’ai jamais vraiment apprécié ce logiciel au delà de la technique, et ce pour plusieurs raisons:

  • Son développement était assez fermé. Bien sûr, comme tous les logiciels libres, il disposait d’un bugtracker (le plus connu ayant été créé pour lui), son code était libre, et l’équipe acceptait parfois les idées d’amélioration. Mais bien peu de personnes hors des développeurs Netscape ont réellement participé au projet. Etrange non?
  • Petit à petit, une équipe de promotion/marketing s’est créée autour de Mozilla, structurée autour des fondations (mozilla foundation, mozilla foundation europe, etc). Rien à redire là-dessus, chacun fait ce qu’il veut, et toute diffusion du Libre est bénéfique. Mais on a alors assisté à des choses qui ont commencé à me déplaire grandement: des coûts importants de publicité, alors que la même chose investie en développement aurait permis d’énormes améliorations, des campagnes de promotion axées sur les aspects techniques du logiciel, et ne laissant aucune part à la communication autour du Libre. Bref, on perd tout intérêt, car c’est juste faire découvrir aux gens un logiciel parmis d’autres, et non une philosophie, une communauté, des idées, etc.
  • Doucement, on a pu constater que les développeurs privilégiaient les améliorations spécifiques à la version fonctionnant sous Microsoft Windows. En a ainsi résulté sous cet OS une meilleure vélocité, une meilleur intégration, etc.
  • Les logos de Mozilla n’ont pas été placés sous licence libre, et pendant longtemps la fondation a interdit toute redistribution de ces images avec des versions modifiées de ses logiciels. Si l’on peut comprendre l’idée de défendre une identité, on frise ici plutôt la défense d’une marque de propriété. je trouve ça assez malsain.
  • Le projet, d’abord structuré sous forme de fondations s’est depuis quelques temps dotée d’une corporation, à but lucratif elle. C’est la corporation officielle de Mozilla, et toute personne faisant la promotion de ces logiciels fait également de la promotion pour cette corporation à but lucratif.

Ces différents points ont longtemps été pour moi des épines dans le pied que j’accèptais de supporter, car la solution technique que représentait ces logiciels me convenait, et l’étiquette Logiciel Libre associée suffisait à calmer mes craintes.

Et cette semaine j’ai franchit le pas: en deux soirs, j’ai migré mon navigateur web et mon client mail pour une solution vraiment libre: le couple konqueror/kmail. Deux amis m’ont grandement facilité la tâche. Romu pour ses démonstrations enthousiastes et kolter pour ses excellents conseils de migration et de configuration; je tiens à les remercier chaleureusement. J’ai ainsi pu migrer 3Go de mails, et retrouver toutes mes habitudes (développement web, onglets, chiffrement/signature des mails, anti-pub, etc).

Maintenant que j’ai franchi le pas, je me sens un peu plus libre!

AutonomiZation

Dimanche 25 juin 2006

autonomization

Il y a quelques temps à LinuxArverne, puis au forum social de mai à Billom, j’ai rencontré un zaponais.

C’est un acteur motivé et un promoteur de l’autonomization. Quand on entend ce mot, on pense tout de suite autarcie, fermeture au reste du monde, etc. Mais l’idée de l’autonomization est loin de ce principe de fermeture: au contraire, l’objectif est d’apprendre à vivre en s’appuyant sur des tissus d’entraide locaux, et se pose en alternative forte au capitalisme ambient. L’entraide est le maître mot, l’apprentissage de compétences et l’échange de savoir la clé de la réussite.

Ainsi, ce zaponais est un acteur incontournable du Placard Mécanique, une structure-collectif autogéré qui explore les modes de production d’énergie alternatifs au pétrole et autres produits des multinationales. Constamment à la limite de la légalité dans un pays qui freine au maximum ce genre d’initiatives, ils tentent à leur manière de proposer un modèle alternatif. Ils ont d’ailleurs choisi de faire face directement, et ont lancé une action de soutien à leur cause, que je vous invite à visiter.

Après ces quelques lignes, vous vous demandez sans doute ce qu’est un zaponais. Il s’agit d’un habitant du Zapons, une Zone Autonome Permanente (en opposition aux ZAT, temporaires) qui offre un cadre de vie autogéré pour toute personne motivée par l’échange de savoir et l’autonomization.

Ce projet émerge depuis peu, mais je crois qu’il va falloir y garder un oeil: beaucoup des actions passées de ce collectif sont intéressantes, comme cette tournée de promotion des alternatives viables qui a eu lieu en 2006, et qui a été à l’origine de nombreuses collaborations et échanges de connaissances.

Ville et mobilités durables

Dimanche 11 juin 2006

Ville et mobilités durables est le titre d’un supplément du numéro 398 de La Recherche, un magazine de vulgarisation scientifique que j’ai eu le temps de parcourir ce week-end (merci Elise). Il est sous-titré Habiter et se déplacer à l’heure du changement climatique, et ses articles sont tous plus intéressants les un que les autres.

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Le 92e RI

Dimanche 11 juin 2006

J’habite à Clermont-Ferrand, près d’un gros bâtiment un peu étrange, pas loin de la cité administrative. Pendant quelques temps à mon arrivée je m’étais demandé ce que c’était, jusqu’à ce que j’apprenne qu’il s’agissait du 92e Régiment d’Infanterie, surnommé le gaulois.

Jusqu’ici je n’avais pas eu à en subir un quelconque désagrément, excepté les trains bondés de militaires à grande gueule lors des grands weeks-ends. Oh bien sûr, on assiste à leurs entrainements motorisés dans les environs de Clermont-Ferrand, à leurs footings matinaux avec 30 kg sur le dos, à leurs virées nocturnes en troupeau dans les rues de la ville. Mais rien de bien méchant, pour peu qu’on accepte de cotoyer des machines à tuer en liberté sous prétexte qu’ils sont là pour nous défendre.

C’est donc plein d’une indifférence générale un peu amusée que j’ai appris que ce week-end se derouleraient les Portes Ouvertes 92e Régiment d’Infanterie. J’aurais mieux fait de ranger mon sourire naïf, car non contents d’avoir inondé les murs de la cités par des affiches 4×3 et nos boites aux lettres de publicités kaki beige et marron à leur effigie, ils ont tapé fort: nous avons eu le droit tout le week-end à une ambiance sonore que j’avais espéré ne jamais entendre…

Ils ont passé leurs portes ouvertes à tirer des raffales de mitraillettes, à faire exploser des trucs et se tirer dessus. Bref, notre douce cité prétendument civilisée a eu la joie d’assister, l’oreille broyée, à une démonstration de c’est nous qu’on est les plus forts et qu’on tire en l’air.

J’envie ma voisine qui ne met pas son sonotone: elle a échappé à cette connerie.

J’ai réussi à l’aide de mon player ogg à capturer quelques unes de leurs performances. L’enregistrement au format ogg est ici