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Musique électronique

21 avril 2016

QBasic

J’ai très tôt été sensibilisé à la musique électronique. Je pense au début grâce à Max, un animateur sur Fun Radio qui dans les années 90 proposait la nuit un univers éclectique, se promenant entre l’Adagio d’Albinoni et la psy trance. C’était l’époque de mes premiers CD, avec bien sûr l’incontournable Homework de Daft Punk. À la maison, on avait aussi une K7 de Jean-Michel Jarre, sans doute Oxygene. Alors j’ai grandit avec dans les oreilles du son électronique plutôt commercial certes, mais qui affûte l’oreille. C’était aussi le moment où je découvrais l’informatique, avec quelques années de retard, baignant dans les technologies du début des années 90 et d’avant. Bidouiller, programmer, créer avec un clavier. C’était plus le graphisme des jeux que je créais qui accaparaient mon intérêt, mais la puissance de ces outils faisait vraiment rêver.

Quand je suis arrivé à Clermont-Ferrand, j’ai découvert Space Plumber, le one-man band au doux son 8 bits, réhaussé d’un Thérémine.

space plumber

Waw ! Un instrument électronique datant des années 20, c’est possible ! Découvrir ce son produit électroniquement, qui faisait penser à la scie musicale, avec ce glissando parfait, continu, souple à l’infini… Quelle découverte ! Et puis François Arbon, le musicien de Space Plumber, facteur d’instruments électroniques plus fous les uns que les autres, j’ai vu combien on pouvait bidouiller pour produire du son, tout comme j’avais bidouillé mes premiers programmes dans les années 90.

theremine

Ces derniers temps, quand François a démarré avec Jimmy Virani la formation Fourrure, on a vu à Clermont-Ferrand la première formation de deux joueurs de thérémine, et l’exploration de sons assez pop, mais grattant tout de même vers l’expérimental, avec l’électrification de plusieurs instruments acoustiques traditionnels. Quelque chose de vraiment intéressant, à la frontière entre musique électronique et acoustique.

De tout cet univers de bidouilles, je connaissais assez peu de choses. Pour moi, les synthés des groupes de pop-rock n’avaient rien à voir avec toute cette ébullition sonore. Et puis j’ai lu Les fous du son, que Laurent de Wilde vient de publier aux éditions Grasset.

Les fous du son sur un synthé d'enfant

Ça se lit comme un roman, avec des héros, des éléments perturbateurs, des rebondissements, des tragédies et des bonheurs. On est tenus en haleine du début à la fin, depuis les premières découvertes d’Edison jusqu’aux prémices de la musique informatique. Passionnant, trépident, accessible au néophyte, et extrêmement bien documenté, pour alimenter la curiosité des passionnés. Un très beau bouquin, qui raconte comment des explorateurs, à la fois inventeurs et musiciens, ont su explorer la frontière des possibles, repoussant les limites imposées par la technique du moment pour en tirer de nouveaux sons. On pense bien sûr au GRM, à des explorateurs comme Bernard Parmegiani (dont j’ai gloutonnement utilisé l’univers sonore dans la première variation d’Interface). On pense à toutes les propositions du festival Musiques démesurées, autour de la musique électro-acoustique… Toutes ces explorations qui se placent dans la continuité directe des fous de son évoqués dans le livre de Laurent de Wilde…

Mais ces sons complètement révolutionnaires ne restent pas cantonnés aux expressions musicales expérimentales, et plus on avance dans les années 70 et 80, plus Laurent de Wilde cite les formations de rock, pop, musique psychédéliques qui incorporent ces instruments du futur dans leurs albums. On pense bien sûr à des précurseurs, comme Kraftwerk, mais aussi les Pink Floyd, ou même Stevie Wonder !

Le livre se fini sur une belle ouverture, en rappelant que si la suite de l’aventure a été menée dans le monde de l’informatique avec la MAO, la question de l’interface entre l’instrument et le musicien, véritable quête menée autour de l’affranchissement du clavier, est plus que jamais d’actualité : aucune alternative universellement adoptée n’a été proposée pour interagir avec le son produit par les machines du XXIe siècle…

La maison des feuilles

10 avril 2016

Il y a quelques temps, en me promenant sur l’internet, je suis tombé sur la description d’un livre qui a attiré mon attention. Je l’ai vite trouvé d’occasion, et j’ai pris quelques semaines pour le lire. Il est tout simplement génial ! La maison des feuilles, roman apathique par sa forme, est le premier roman de Mark Z. Danielewski.

la maison des feuilles

La typographie et la mise en page sont un des personnages principaux de ce roman ; la forme vient renforcer, alimenter, voire éclairer nombre de rebondissements de l’histoire principale. Par sa forme d’écriture aussi, ce roman est atypique. On ne suit pas une seule histoire, mais un empilement de narrations, qui s’empilent, pour commenter et retracer un événement initial surréaliste : tout commence quand Will Navidson décide avec sa famille de s’installer dans une maison pour tenter de sauver sa vie. Reporter inconditionnel, Will décide de filmer cette installation, mais très vite un élément déclencheur vient perturber cette installation sereine. Une pièce apparaît soudain dans la maison, qui devient plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Ce qu’on lit, ce n’est pas l’histoire de Will Navidson et de sa famille, mais l’analyse filmique de la série de documents qu’en ont tiré les protagonistes de l’histoire. Analyse filmique rédigée par un certain Zampanò, et qui fait référence à de nombreuses autres publications sur le sujet, qui parsèment en référence le livre.

Et pour ajouter au mille-feuille de ce roman, on comprends en lisant la maison des feuilles que l’analyse filmique de Zampanò a été retrouvée à l’état de brouillon par Johnny Errand, un type à la vie chaotique, qui entreprend de finir de mettre en forme cette étude. Chemin faisant, il parsème de notes l’écrit initial, retraçant son enquête puis sa vie de junkie.

Le lecteur, loin d’être perdu, se laisse guider à travers ce dédale, découvrant petit à petit l’aventure incroyablement surréaliste de Will Navidson, et les errances de Johnny Errand. La lecture est grandement facilitée par un jeu sur les polices de caractères et un énorme travail de mise en page, les 700 pages du roman se parcourant avec une très grande facilité.

Intriguant, passionnant, drôle, élégant, perturbant, voilà un roman que je vous conseille !

Nouvelle vie scientifique

22 mars 2016

Il y a maintenant quelques années, j’étais recruté comme maître de conférences à l’Université d’Auvergne. J’avais rejoins un laboratoire dont la problématique se focalisait sur la réalité augmentée au service de la chirurgie. Bien que loin de mes problématiques scientifiques initiales, j’avais espéré réussir à construire un projet personnel au sein de cette équipe. Malheureusement, le temps a montré que je n’arriverais pas à m’y épanouir sereinement.

En particulier, le projet scientifique de l’ISIT est guidé par une problématique appliquée identifiée (l’amélioration des outils pour la chirurgie), et on cherche ici à explorer des pistes scientifiques qui répondent à ces questions. De mon côté, j’ai une plus grande affinité avec une démarche exploratoire un peu différente : partir de questions plus fondamentales et abstraites, proposer des approches scientifiques originales, puis interroger l’environnement (industriel, culturel, scientifique) pour proposer ces approches méthodologiques comme réponse à des questions ouvertes.

À l’occasion de la fusion des universités clermontoises à l’horizon 2017, j’ai donc entrepris avec deux collègues un rapprochement avec le LIMOS, une UMR CNRS du site clermontois. Nous avons donc rejoint un thème de recherche initialement focalisé sur l’image et l’apprentissage, et avons participé à sa nouvelle redéfinition. Ainsi démarre le thème G4 (pour Géométrie, imaGes, apprentissaGe et alGorithmes) de l’axe MAAD (Modèles et Algorithmes de l’Aide à la Décision). Nous sommes pour l’instant 7 enseignants-chercheurs à démarrer cette activité, qui je le crois sera un véritable espace d’épanouissement personnel et collectif.

Aller hop, vous pouvez regarder la vidéo promotionnelle du thème G4 réalisée par la Maison Innovergne :

Sur la déficience visuelle

4 mars 2016

Conférence-débat sur la déficience visuelle

Le 4 février dernier, j’ai animé une après-midi de conférence-débat autour de la déficience visuelle, qui avait pour objectif de sensibiliser aux problématiques liées à ce handicap, depuis la vie quotidienne jusqu’à l’insertion professionnelle, en passant par l’accès au savoir. Cette vidéo était filmée, et le service de l’université bien de mettre en lien la vidéo que je vous invite à visionner, pour comprendre un peu plus les défis qui jalonnent la vie d’un non voyant ou d’un mal voyant.

La vidéo commence par l’intervention d’Emmanuelle Feschet, qui parlait pour le Service Université Handicap.

Cette conférence a été l’occasion de discussions très enrichissantes, et plusieurs acteurs de la place clermontoise ont également appris à se connaître. Une belle initiative portée par des étudiants du département GEA de l’IUT de Clermont, j’étais vraiment content d’y participer.

Audiodescription au court métrage

Quelques jours plus tard, j’ai interviewé pour Radio Campus les réalisateurs des différentes audiodescriptions projetées pendant le festival international du court métrage. C’est la troisième année que j’interview Bruno Darles et ses lycéens, mais cette année, j’ai aussi pu discuter avec les non voyants qui ont travaillé sur le sujet. Je vous invite à les écouter, c’est très instructif sur ce moyen d’accès au cinéma pour les déficients visuels.

D’ailleurs, restez vigilants, parce que l’année prochaine, on passe à l’action, et l’audiodescription aura encore plus sa place au festival !

Interface

4 mars 2016

Ça y est, le projet qui me tient réveillé toutes les nuits depuis plusieurs semaines vient de sortir… Enfin du moins, le premier volet de la série intitulée Interface. Il s’agit d’une création sonore que j’ai initiée à la fin de l’année dernière, grâce aux chaleureux conseils de Catherine. Petit à petit, j’ai rassemblé mes idées, puis construit un projet de cheminement radiophonique autour de la question de la place de la technique dans les sciences.

Pour réaliser cette émission, je suis allé tendre mon micro dans différents laboratoires de Clermont-Ferrand, pour écouter les gens, mais aussi capter l’univers sonore de leur quotidien. J’ai aussi choisi quelques textes, et c’est François Fabre qui les as lus. Et puis Noémie a donné sa voix pour les sous-titres. Ensuite, j’ai ajouté un peu d’ambiances musicales de Kraftwerk et de Parmegianni, puis saupoudré d’extraits de films et d’archives diverses. Un peu de ma voix, et c’était fait…

Les prochains épisodes sont prévus dans 2 mois et 4 mois… Affaire à suivre !

Edit : grâce au réseau Radio Campus France, et à son partenariat avec France Culture, cette première variation d’Interface est diffusée sur France Culture Plus !

Techniques cartographiques et analyse spatiale

1 janvier 2016

J’ai toujours été passionné par les cartes et les plans. C’est la première chose que je cherche à avoir entre les mains quand je découvre une nouvelle ville. Se promener avec les yeux, constater des alignements, des structures, distinguer les quartiers par leur apparence, identifier des vestiges de constructions passées. C’est passionnant.

J’ai eu l’occasion il y a quelques semaines de visiter l’exposition consacrée aux cartes pendant la première guerre mondiale, où l’on peut découvrir beaucoup de choses sur la manière dont l’établissement des cartes est devenu un enjeu capital et un défi scientifique au début du XXe siècle.

L’IGN des années 50

En continuant à explorer ces questions, j’ai regardé il y a une semaine avec un grand intérêt du documentaire La naissance d’une carte de l’IGN datant des années 50, qui explique par le détail les innovations scientifiques, techniques et humaines mises en place pour construire les cartes telles que nous les connaissons aujourd’hui.

La persévérance et la rigueur déployées pour établir ces cartes sont vraiment impressionnantes. On y découvre aussi la maîtrise des techniques récentes de la mécanique, de l’optique ou encore de l’électronique, avec des ateliers équipés d’appareils de restitution stéréo photogrammétriques, ou encore un ordinateur (lisant des cartes perforées) servant à uniformiser et corriger les erreurs de triangulation…

Histoire urbaine

Cette semaine, j’ai aussi dévoré le livre Analyse spatiale, cartographie et histoire urbaine de Jean-Luc Arnaud, publié en 2008 aux éditions parenthèses.

C’est en découvrant cet ouvrage que j’ai compris un peu mieux ce qui me fascinais dans ces constructions graphiques. J’ai ainsi rencontré le domaine scientifique qui explore ce sujet que je pratiquais vaguement par curiosité citadine : l’analyse spatiale, et plus encore, son utilisation pour l’exploration du passé des cités, et de l’histoire des hommes et femmes qui les ont habitées…

analyse-spatiale

Petits reportages sonores

24 décembre 2015
un enregistreur

Dans un précédent billet, j’écrivais que j’avais commencé à prendre en main le logiciel ardour pour faire du montage à partir de sons pris en reportage… Tout commence donc par une captation. À la radio, on utilise plutôt des Zoom h4n, petits bijoux numériques qui embarquent deux micros d’ambiance, permettent de brancher dessus des micros avec une connectique XLR, permettent de faire du montage, etc. Le défaut de cet enregistreur, c’est qu’il est un peu cher. Alors quand j’ai cherché à m’équiper, je suis allé voir du côté de chez Tascam, où le DR-40 est un peu plus accessible. Après quelques semaines d’utilisation, je trouve qu’il réuni quelques avantages intéressants par rapport au Zoom, comme par exemple l’enregistrement d’une seconde piste à -6 décibels, qui permet d’éviter tout genre de saturations, ou encore la mobilité des micros qui permet une captation en vraie stéréo…

J’ai donc commencé en début d’année par un reportage à l’IUT, en allant interviewer Marc Chevaldonné et Cédric Bouhours à la veille de la code week. J’en avais parlé sur ce blog il y a peu, si vous voulez réécouter ce que ça donne, des enfants qui codent des robots en lego, c’est par là : la code week 2015 à Clermont-Ferrand.

Plus récemment, je suis allé tendre mon micro au rassemblement pour l’urgence climatique, et j’ai ensuite tendu mon micro à quelques-uns des organisateurs du rassemblement qui a suivi juste ensuite, et qui mobilisait contre l’état d’urgence policier.

C’était notamment la Cellule Antifasciste Révolutionnaire d’Auvergne (C.A.R.A.) qui organisait ce rassemblement contre l’état policier, et à l’occasion de la midinale du 18 décembre, j’ai diffusé un portrait de cette organisation, puis animé une discussion autour des groupes militants à Clermont-Ferrand :

En fin de cette discussion, j’ai proposé à la lecture un bouquin que j’ai découvert en septembre, intitulé Le Corbusier, un fascisme français. L’ouvrage est très intéressant pour qui s’interroge sur la manière dont le fascisme s’est structuré en France. Le Corbusier sert de porte d’entrée pour découvrir un réseau vaste et qui a notamment interagit avec le courant italien… Une histoire souvent ignorée, qui aide à comprendre un peu mieux les racines des mouvements fascistes actuels.

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Des outils numériques pour la radio

24 décembre 2015

faire vivre une radio associative, c’est passionnant : il faut des gens, des envies, des idées, de la technique, et que tout ça fonctionne ensemble. Bon, parfois, c’est un peu un défi.

Un logiciel d’automation

L’un des éléments principaux de l’antenne d’une radio, c’est sa programmation (musicale ou d’émissions). Ce qui passe à quelle heure, et comment on le choisi, voilà qui construit l’image de la radio. Pour réaliser cela, il existe plein de solutions, mais la plupart des radios utilisent un outil en commun : un logiciel d’automation. Cet outil fonctionne comme un énorme jukeboxe aléatoire, que l’on programme grâce à des contraintes ou des règles, pour que l’antenne corresponde à ce que l’on a décidé : passage de tops horaires, messages d’information, rappel du nom de la radio, styles musicaux, émissions programmées, tout doit être pris en charge.

polo

Pendant plus de 10 ans, à Radio Campus Clermont-Ferrand, on a utilisé un logiciel d’automation né des besoins de Radio Campus Grenoble, et vendu ensuite à toutes les radios du réseau campus France, j’ai nommé le vénérable Paulo. Ces dernières années, on a dû se battre pour continuer à faire fonctionner ce logiciel non maintenu, à coup de virtualisation, de restauration de disques, de reconstruction de base de données… C’était épuisant.

Et puis le dernier crash a été trop violent, et on a décidé de se pencher sur une autre solution. Depuis presque un mois maintenant, nous utilisons donc Airtime, un logiciel d’automation libre et gratuit, qui fonctionne très bien sous un GNU/Linux récent. Alors bien sûr, il ne correspond pas à tous nos besoins, et on a déjà commencé à le modifier, en publiant nos modifications sur le github de la radio. Puisque c’est du logiciel libre, autant contribuer !

airtime

De prime abord, ce logiciel est tout aussi gris que le précédent, mais je dois vous avouer que ça fait un bien fou de rentrer dans le XXIe siècle, avec un outil moderne, et adaptable à nos besoins…

Des podcasts musicaux

100p

Juste avant de devoir changer de logiciel d’automation, on avait commencé à mettre en place un outil plutôt chouette. Maintenant que tout est stabilisé, on peut en parler… Il s’agit d’un site qui regroupe tous les podcasts musicaux proposés par les programmateurs de la station. Une fois par semaine, chacun propose une heure de musique, à écouter et réécouter.
Les 100% musique, c’est une manière simple d’écouter une heure de musique, avec la référence aux interprètes et aux titres programmés…

Côté site web, j’ai choisi une solution basée sur bootstrap, pour que le site s’affiche aussi bien sur les ordinateurs que sur les tablettes et smartphones.

Notre première balade sonore

Cette année, c’est aussi la concrétisation d’un projet que j’avais vraiment eu à cœur de porter à Radio Campus Clermont-Ferrand : l’idée de construire du contenu radiophonique, non pas prévu pour la FM, mais conçu pour être écouté in situ, avec l’idée d’inviter les auditeurs à déambuler le long d’un trajet qu’ils découvriraient autrement. La première balade sonore produite à Clermont-Ferrand a rejoins le site internet de nos sonographies, que nous espérons voir s’étoffer au fil du temps. Là encore, j’ai construit le site internet en utilisant bootstrap, et en adaptant le travail graphique réalisé Thibault Mangeard. Dossier à suivre, car on va poursuivre l’amélioration de l’outil pour une meilleure interactio !

sonographies

Montage audio en logiciel libre

Et pour finir, je ne résiste pas à l’envie de vous parler du nouvel outil que je suis en train d’apprendre à utiliser : le fabuleux ardour. Surpuissant, ce couteau suisse du son offre pour qui veut réaliser du montage audio un environnement très complet, intuitif, et bigrement plus pratique que le vétuste audacity avec lequel je travaillais jusqu’à présent. J’essayerai de regrouper prochainement sur ce blog les différents reportages que j’ai réalisés cette année, et qui me servent d’entraînement au futur projet un peu ambitieux que je débute pour l’année 2016… Affaire à suivre !

Cartographie

25 novembre 2015

Depuis un an maintenant, de nombreuses manifestations sont organisées à l’occasion du centenaire de la guerre 14-18. Des événements en tout genre pour raconter cet événement qui a marqué le début du XXe siècle.

Il y a plein de manière de parler de cette période de guerre. On peut par exemple évoquer les batailles qui ont eu lieu en France, comme le fait cette chaîne de vulgarisation de l’histoire que j’ai découvert il y a peu sur le site de la vidéothèque d’Alexandrie (au passage, allez jeter un coup d’œil sur ce site, qui propose régulièrement de nouvelles chaînes culturelles et scientifiques toute plus passionnantes les unes que les autres). On peut aussi parler des expériences au gaz moutarde, ce qui fait un peu penser aux expériences plus récentes de l’armée britannique sur l’les expérimentations au LSD sur ses soldats

Mais passons, je n’ai pas une grande passion pour le monde militaire, et ce n’est pas le sujet de ce post. Venons donc au cœur de cet article : la cartographie.

Clermont

Les cartes, c’est passionnant, ça permet de structurer sa compréhension du monde, ça permet de mesurer, de visualiser, d’étudier. Il y a pas mal de blogs qui en parlent très bien, et que j’aime lire. Par exemple, il y a Le blog du cartographe sur le site du Pacha, qui parle notamment des cartes historiques. Il y a aussi le carnet (néo)cartographique, qui montre de manière un peu plus technique comment on réalise des cartes aujourd’hui. Si on s’intéresse au libre, on peut aussi suivre l’actualité de la cartographie libre et d’OpenStreetMap sur le blog weekly OSM (en langue anglaise).

Bon, vous allez me dire : mais pourquoi a-t-il parlé du centenaire de la guerre 14-18 si c’est un billet consacré à la cartographie ?

C’est parce que la semaine dernière, je suis allé visité la superbe exposition proposée par la bibliothèque universitaire de Clermont-Ferrand, intitulée 14-18, Des cartes pour faire la guerre. L’exposition est très bien faite, passionnante, et nous avons eu la chance avec quelques amis de profiter de la visite proposée par Jean-Benoit Leduc, une personne passionnée et passionnante.

L’une des motivations de cette exposition, c’est de mettre en valeur l’un des patrimoines assez peu connus de l’université : sa cartothèque. Riche de 21 000 cartes, ce fonds est l’une des rares cartothèques universitaires de France. Elle n’est quasiment jamais présentée au public, et cette exposition d’envergure permet d’en caresser la richesse. On y voit notamment présentées des cartes historiques comme celle des Cassini (sur ce sujet, n’hésitez pas à écouter l’émission la marche des sciences qui traite du sujet), mais aussi les premières cartes d’état-major françaises, ainsi que les équivalentes belges, anglaises ou allemande.

cartes

Au fil de l’exposition, en plus de pouvoir admirer de nombreuses cartes, on découvre aussi comment les cartographes travaillaient au début du XXe siècle, à l’aide d’outils de mesure au sol, mais aussi des premières photos aériennes. L’objectif était de tenir à jour constamment les cartes en fonction de l’avancée des combats, et des constructions ennemies. Du matériel d’époque est présenté, ce qui rend l’exposition encore plus captivante. On apprend aussi qu’à Clermont-Ferrand avait été installée l’un des rares ateliers provinciaux de conception et de fabrication de ces cartes. On découvre enfin combien la logistique d’acheminement des relevés sur le terrain, puis l’acheminement des cartes en retour vers les gradés sur le front a été une étape clé du travail de renseignement.

cartes-2

L’exposition dure jusqu’au 31 mars 2016, et je vous invite chaudement à aller la visiter, car elle est passionnante, très bien réalisée, et l’on découvre une foultitude de choses qui font l’histoire de ce que sont nos cartes aujourd’hui.

Lectures sud américaines

25 octobre 2015

Depuis quelques mois maintenant, j’ai aménagé dans l’une des rues du centre-ville de Clermont que j’aime le plus. Et juste à côté de chez moi, au 12 de la rue terrasse, il y a un bouquiniste vraiment sympa, chez qui on s’arrête avec plaisir. Allez y faire un tour un de ces 4.

C’est chez lui que j’ai trouvé plein de trucs intéressants, notamment pour commencer à travailler sur mon nouveau projet radiophonique. J’en écrirai plus dans quelques temps ici je pense…

Couverture du livre Esperanza et ses saints

Et comme je me suis remis à lire régulièrement, je passe souvent chez lui pour me réapprovisionner. Parmi les découvertes récentes que j’y ai faites, il faut que je vous parle de ce livre de María A. Escandón, Esperanza et ses saints. Il paraît qu’on en a fait un film, et qu’il n’a pas passionné les foules.

Pour ma part, je me suis clairement laissé embarqué par cette comédie absurde. On suit l’histoire d’une jeune femme Mexicaine qui vient de perdre sa fille. Cette jeune femme est très croyante, dévouée à une multitude de saints qu’elle prie pour toutes les occasions. Jusque-là, sa vie était rangée. Mais soudain, alors qu’elle essaye de s’installer dans son deuil, elle a une apparition. Un de ses saints la convainc que sa fille n’est pas morte. C’est alors le début d’une formidable quête dans laquelle elle se lance, en direction du nord toujours, pour chercher sa fille dans les endroits les plus malfamés du continent. On découvre alors par dessus son épaule un univers glauque, violent, sexuel et oppressant, qu’elle traverse avec une légèreté incroyable, se raccrochant à ses saints, à l’espoir de retrouver sa fille… Cette naïveté, cette conviction profonde la guide dans une traversée des bats fonds qui ne la laissera finalement pas complètement indemne. Je trouve ça décalé, absurde, complètement inattendu…

Couverture du livre "Passager de la fin du jour"

L’autre livre d’un auteur sud américain que j’ai lu cette année, c’est Passager de la fin du jour de Rubens Figueiredo. Là aussi, on suit le périple d’un homme, mais cette fois-ci la temporalité n’est pas la même : tout se passe en une soirée, alors qu’il se rend chez sa petite amie en bus. Le trajet est chaotique, et son ressenti du trajet est entremêlé de souvenirs qu’il tisse autour du quartier et de la vie des gens autour de lui. On y croise aussi Darwin, à travers un livre qui hante notre héros, libraire de son état. Là encore, tout semble un peu surréaliste, le personnage principal nous faisant découvrir par son regard intrigué le monde qui l’entoure. J’aime particulièrement les transitions qui rythment le roman, entre aventure au présent, souvenirs et pensées du personnage principal dirigées vers le futur. On découvre un Brésil déconcertant, où tout semble évoluer péniblement, et irrémédiablement vers un quotidien plus sombre.

Et vous, vous lisez des romans sud américains ?